La berce, plante nourricière des insectes et des humains
Les fleurs de la berce des prés fait les insectes, pour le plus grand bonheur de ses voisines. Et ce resto champêtre plaît aussi aux humains !
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Quand j’étais une petite graine, je rêvais de tenir un restaurant pour régaler tout le monde autour de moi. Aujourd’hui, j’ai atteint mon objectif. Solidement plantée dans ma chère prairie, j’accueille les gourmands durant toute la période d’ouverture, de fin mai à septembre. Et croyez-moi, c’est une réussite !
Il faut dire que j’ai mis le paquet sur la pub. Pour appâter le chaland, j’ai fait de mes tables de véritables panneaux d’affichage. Je parle de mes inflorescences, bien sûr, ces fameuses ombelles aussi larges que de petites assiettes. Perchées à 1 m de haut, d’un blanc immaculé, nimbées d’un parfum alléchant, elles sont irrésistibles pour tout ce que la campagne compte d’insectes. Et puis, mon tarif est tout à fait raisonnable : je leur demande simplement de transporter un peu de mon pollen jusqu’à un établissement voisin pour assurer notre fécondation.
Bon, j’avoue que j’ai un peu moins soigné le menu. Je n’ai qu’un seul plat du jour : pollen et nectar à volonté. Mais ça n’empêche pas les gourmands de se presser à ma porte. Lourds coléoptères aux carapaces rutilantes, mouches minuscules sans cesse en mouvement, guêpes élégantes, papillons bariolés… plus d’une centaine d’espèces a déjà dîné à ma table. Ajoutons à cet inventaire les araignées et insectes prédateurs qui viennent faire leur marché dans tout ce petit peuple et vous pourrez imaginer la cohue aux heures de pointe.
Je draine tellement de clients que j’en fais profiter les bistrots voisins : une fois dans le coin, les gourmets font souvent un détour sur les plantes qui m’entourent. D’ailleurs, des botanistes songent à mettre à profit mon succès pour aider certaines espèces rares. Trop dispersées, ces dernières ont parfois du mal à attirer assez d’insectes pour être pollinisées. Mais avec quelques pieds de berce à proximité, le quartier se remplit et tout le monde se retrouve fécondé en moins de temps qu’il n’en faut pour fleurir.
Tant mieux si je peux donner un coup de main à quelques collègues dans le besoin. Et puis, ça me change… Autrefois, vous aviez plutôt pour habitude de me cueillir. Tiges, fleurs, fruits, feuilles, tout y passait. Au Moyen Age, du côté de la
Pologne, vous en faisiez une sorte de soupe fermentée appelée barszcz, ancêtre du fameux bortsch. Comme quoi, ma vocation nourricière ne se limite pas aux insectes !

Bordure dentée
Grandes feuilles poilues dessous, généralement découpées en 3 à 5 parties irrégulières
Tiges < 6 cm de diamètre, velues et fortement sillonnées
Retrouvez nos deux recettes à base de berce des prés.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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