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Cueillettes gourmandes

10 conseils de Christophe de Hody pour cueillir des plantes comestibles

Envie de vous lancer ? Voici les dix règles d’or de Christophe de Hody, formateur à la cueillette sauvage et fondateur du Chemin de la Nature.

Envie de vous lancer ? Voici les dix règles d’or de Christophe de Hody, formateur à la cueillette sauvage et fondateur du Chemin de la Nature.

Dès l’enfance, Christophe de Hody apprend à reconnaître quelques plantes et champignons sauvages de sa campagne natale et à les déguster. En grandissant, la quête d’un métier qui ait du sens le mène tout naturellement à organiser des cours de cueillette sauvage. Il crée le Chemin de la Nature, qui s’étoffe rapidement d’une équipe diversifiée et professionnelle. Aujourd’hui, botanistes de terrain, mycologues, pharmaciens herboristes et docteurs en biologie végétale apportent leur pierre à l’édifice. Ils proposent des formations en ligne et sur le terrain, des balades de découverte ou des ateliers cuisine. Leur objectif : sensibiliser au patrimoine végétal commun pour renforcer notre lien à l’environnement et notre volonté de le protéger.

1 « Soyez sûr de ce que vous cueillez »

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Pour éviter tout empoisonnement, sachez reconnaître les plantes avant de les ramasser. C’est un vaste monde, alors commencez par quelques espèces simples comme l’ortie, le tilleul, le plantain ou la pâquerette. Attention aux sosies toxiques ou même mortels de certaines excellentes comestibles : muguet, colchique et arum pour l’ail des ours, ciguë pour le cerfeuil des bois, cytise pour le robinier faux-acacia… Pour progresser, pratiquez le plus possible, de préférence en vous faisant accompagner par quelqu’un qui maîtrise le sujet ou en suivant une formation. Sortez en toutes saisons dans les endroits que vous connaissez bien pour observer l’évolution des plantes.

2 « Equipez-vous correctement »

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Un bon guide de détermination et une loupe sont indispensables pour identifier les végétaux. Choisissez un ouvrage où les plantes sont classées par familles, pas par la couleur de leurs fleurs ! Les applications de reconnaissance ne sont jamais fiables à 100 % et ne permettent pas vraiment de progresser, ne les utilisez que comme coups de pouce. Pour la récolte, munissez-vous d’un couteau ou d’une serpette. Des gants peuvent être bien utiles pour prélever certains végétaux épineux ou urticants. Si vous voulez déterrer des racines, une petite pelle de jardinage est nécessaire. Un panier et des sacs en tissu ou en papier gardent les plantes en bon état le temps de la balade. Pour les fleurs ou les fruits délicats, privilégiez des boîtes fermées.

3 « Respectez les espaces réglementés »

La loi interdit la cueillette dans certaines zones, comme les parcs et réserves naturelles (voir sur les sites

geoportail.gouv.fr ou map.geo.admin.ch). En Suisse, tout le monde peut accéder librement aux forêts et aux pâturages, y compris privés, et y prélever des plantes et champignons sauvages. En France, la cueillette sur le terrain d’autrui est illégale. Dans la pratique, une tolérance existe sur les domaines publics et privés s’ils ne sont pas clos et qu’aucune restriction d’accès ou de récolte n’est explicitement affichée. Mais tolérance n’est pas autorisation, alors mieux vaut demander la permission au propriétaire !

4 « Epargnez les espèces protégées »

Jonc fleuri
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Il est interdit de cueillir certaines plantes rares ou menacées. Pour connaître le statut d’une espèce que vous rencontrez, rendez-vous sur infoflora.ch (Suisse) ou tela-botanica.org (France). Attention, certaines ne sont protégées que dans certains départements ou cantons. N’hésitez pas à annoter votre guide d’identification en indiquant les espèces protégées dans votre région.

5 « Fuyez les zones polluées »

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Par endroits, l’air, l’eau ou le sol renferment des substances toxiques. Les plantes peuvent les absorber lors de leur croissance ou en être recouvertes. Pour votre santé, ne cueillez jamais à moins de 50 m d’une zone polluée : route, chemin de fer, décharge, usine, champ cultivé non bio… Ne récoltez pas un végétal qui semble malade ou malformé, cela peut être un signe de pollution.

6 « Evitez les parasites »

Certaines infections peuvent être contractées lors de l’ingestion de plantes sauvages, par exemple l’échinococcose ou la douve du foie. Ces parasites peuvent se trouver dans les déjections des animaux et donc potentiellement sur les végétaux. Les cas sont rarissimes, mais peuvent être graves. Evitez de cueillir à moins de 40 cm du sol, surtout le long des chemins et dans les pâturages. Attention aux espèces aquatiques, l’eau n’étant pas épargnée par les contaminations. En cuisine, le seul moyen d’éliminer tout danger est une cuisson d’au moins dix minutes à 80 °C. Si vous souhaitez déguster certaines plantes crues, vous pouvez réduire les risques en les faisant tremper dix minutes dans un mélange d’une part de vinaigre blanc pour neuf parts d’eau. Le séchage ou la congélation éliminent certains parasites, mais pas tous.

7 « Méfiez-vous des tiques »

Tique
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Ces petits acariens nous piquent pour se nourrir de notre sang, au risque de nous transmettre certaines maladies graves. Quand vous partez en balade, portez des habits couvrants, surtout au niveau des jambes et des chevilles. Ces bestioles peuvent être actives toute l’année dans les régions au climat doux. Elles s’installent le plus souvent à moins de 1 m du sol, dans les herbes ou les arbustes. Inspectez-vous minutieusement après chaque sortie pour vérifier qu’aucune ne vous a piqué. Elles choisissent de préférence les zones où la peau est fine : creux des articulations, cuir chevelu, derrière et dans les oreilles, aine. Si vous en trouvez une, retirez-la délicatement à l’aide d’un tire-tique (disponible en pharmacie), mais ne l’arrachez surtout pas.

8 « Prenez soin des plantes et de leurs milieux »

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Ne récoltez que ce dont vous avez besoin. Ne cueillez pas plus de 10 % des plantes d’une espèce dans un endroit donné – voire pas du tout si elle est en effectif réduit. Ne prélevez que les parties qui vous intéressent au lieu de tout arracher. Couper une feuille n’est pas dramatique, mais déterrer les racines peut être fatal pour la plante. Attention à ne pas endommager les végétaux que vous ne récoltez pas, en évitant de piétiner trop longtemps au même endroit par exemple. Prudence tout particulièrement dans les milieux sensibles comme les zones humides ou les prairies sèches.

9 « Dégustez avec raison »

Nos estomacs, habitués aux produits de l’agriculture, peuvent être un peu chamboulés par les végétaux sauvages. Au début, consommez-les en quantité modérée et soyez attentif aux signes d’une digestion difficile. Petit à petit, vous pourrez augmenter les doses et apprendre à éviter celles qui ne vous réussissent pas. Vous pouvez garder une récolte trop abondante quelques jours dans le bas du frigo, une fois les plantes lavées, égouttées et enroulées dans un linge. Pour les préserver plus longtemps, il faut les sécher, les congeler ou les mettre en conserve.

10 « Réagissez en cas d’intoxication »

Douleurs abdominales, nausées, diarrhées, fièvre… Si vous ou l’un de vos proches ressentez des symptômes d’intoxication alimentaire après avoir ingéré des plantes sauvages, téléphonez au centre antipoison de votre région (en Suisse : 145, en France : centres-antipoison.net). Si le cas est grave, appelez directement une ambulance (144 en Suisse, 15 en France). Quoi qu’il en soit, ne faites pas vomir, boire ou manger la personne touchée. Gardez une partie de la récolte ou des photos des végétaux consommés pour faciliter le diagnostic médical.

Retrouvrez 16 recettes à bases de 8 plantes différentes.

En tant qu’organisme de formation et social-média de référence sur la botanique, la cueillette et l’herboristerie, Le Chemin de la Nature a pour objectif de transmettre la connaissance des plantes sauvages, des champignons et de leurs usages auprès du grand public.Fondé en 2011 par Christophe de Hody, herbaliste, botaniste et mycologue de terrain, et épaulé par près de 20 spécialistes aux compétences complémentaires, Le Chemin de la Nature propose des formations en ligne et sur le terrain d’une grande qualité pédagogique.

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Couverture de La Salamandre n°269

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 269  Avril - Mai 2022, article initialement paru sous le titre "Conseils d’un pro"
Catégorie

Écologie

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