Berce des près, comment la cuisiner et quels insectes y trouver
« Nantes, 27 mai 2012 - Les grandes berces en fleurs au bord du chemin. » / © Denis Clavreul

Voyage sur la planète berce

Commune et pourtant si exception­nelle, la berce des prés est un centre d'attraction autour duquel gravite un mini-monde foisonnant.

Auteur

Alessandro Staehli



Commune et pourtant si exception­nelle, la berce des prés est un centre d'attraction autour duquel gravite un mini-monde foisonnant.

Les derniers coups de tonnerre roulent au loin et une odeur de terre mouillée emplit encore l'air du soir. Sous les pommiers tordus du verger séculaire, les ombelles blanches de la berce commune oscillent doucement dans la brise. Très fréquente dans les pairies grasses et les forêts claires, cette ombellifère est aussi connue sous le nom de patte d'ours, en raison de la forme de ses feuilles. En fleur dès le mois de juin, elle est irrésistible pour de nombreux insectes, qu'ils soient pollinisateurs, parasitoïdes ou prédateurs.

Réputée très mellifère, Heracleum sphondylium tire profit des allers et retours des syrphes, des abeilles sauvages ou des coléoptères pour échanger son pollen avec d'autres individus. Pour attirer plus efficacement ces insectes, les fleurs situées sur le pourtour de l'ombelle ont des pétales extérieurs plus grands et plus visibles. Mais souvent stériles. La plante les sacrifie pour augmenter les chances de fécondation des fleurs du centre de l'inflorescence.

Certains visiteurs sont moins appréciés de la berce. Les cétoines et les leptures consomment beaucoup de pollen mais pollinisent peu. Et que dire des pucerons, des limaces et autres ravageurs ? Pour s'en protéger et augmenter les chances de fleurir et de fructifier, la berce des prés produit des substances antiappétantes d'effet bactéricide, antifongique, antigerminatif et antilimaces. Un véritable arsenal chimique.

Aux heures chaudes, quel trafic sur la berce ! Les pucerons, gourmands de sève, excrètent du miellat nourricier qui attire les fourmis, lesquelles les protègent en retour de l'appétit des coccinelles et des larves de chrysopes. Le moine (Cantharis rustica) patrouille sur l'apiacée. Ce coléoptère aux élytres mous et aux mandibules puissantes est particulièrement apprécié des jardiniers, car il élimine nombre d'indésirables. Quant aux chrysides, ces belles guêpes aux reflets dorés, elles pondent un œuf dans le nid d'autres insectes. D'où leur surnom de guêpes coucous

Cet univers foisonnant d'ailes et de couleurs autour de la berce est souvent compromis par la fauche agricole ou par l'entretien des talus. On peut y remédier en tolérant des herbes folles autour de chez soi. Mieux encore : on peut facilement récolter des graines de berce et les semer dans son jardin.

Pour aller plus loin

Quelques activités à faire avec la berce.

Recette de gratin à la berce

Couverture de La Salamandre n°216

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 216  Juin - Juillet 2013
Catégorie

Biodiversité

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