© Hervé Lenain / Alamy

Cet article fait partie du dossier

Mes beaux sapins

Le sapin blanc, un arbre majestueux

Il existe deux prétendants locaux au titre de sapin de Noël. Découvrez l'un d'entre eux : le sapin blanc.

Il existe deux prétendants locaux au titre de sapin de Noël. Découvrez l'un d'entre eux : le sapin blanc.

Voici le sapin blanc. Blanc comme les fines bandes qui ornent ses douces aiguilles fleurant bon la mandarine. Blanc aussi en référence à son tronc d’argent, où viennent se dessiner quelques rides quand il prend de la bouteille. Il appartient au genre Abies, qui réunit une quarantaine d’espèces dans toutes les régions tempérées de l’hémisphère nord. C’est le seul représentant de sa lignée qui a pris naturellement racine dans nos sols les plus frais, surtout en moyenne montagne. Là, ce majestueux résineux supporte des frimas à -30 °C, bien campé sur son tronc rectiligne.

Mais derrière ses airs de dur, c’est un sensible. Pour s’épanouir, il a besoin d’un minimum de chaleur estivale durant la saison de croissance, ainsi qu’une bonne dose d’humidité. Ses pousses sont hypersensibles aux dommages causés par le gel printanier. Et cette essence d’ombre craint plus que tout la lumière durant ses premières années de vie – ce qui le rend intolérant aux plantations en monocultures. Alléluia !

Une graine peut germer avec seulement 1 % de lumière diurne. Après quoi, le petit sapin, cultivant la patience, met sa croissance en veilleuse. Certains sapelots d’à peine 1 m de haut et 3 cm de diamètre ont en fait plus de cinquante ans ! Pouvant végéter ainsi durant deux cents ans, il sera ensuite assez fort pour pousser en flèche vers la lumière dès que tombera l’un des ancêtres qui lui font de l’ombre.

Cet arbre que l’on nomme aussi sapin pectiné était abondant il y a 7 000 ans, même à basse altitude. Depuis, le développement des activités humaines a entraîné sa chute. L’exploitation de son bois est allée crescendo jusqu’au milieu du XIXe siècle. À cette période, son cousin l’épicéa et divers pins, plus rentables, ont été largement favorisés. Le sapin blanc a fondu comme neige au soleil...

Aujourd’hui, l’humain lui refait timidement une place. Pour son bois de qualité, son potentiel d’adaptation au climat de demain, mais aussi pour son importance écologique. Car celui qui accompagne nos enfances dans les contes et chansons, réconfortant et lumineux, abrite et nourrit un riche petit peuple forestier.

Sapin blanc

(sapin pectiné, commun, argenté...) Abies alba

  • Répartition : étage montagnard humide d’Europe centrale et de l’Ouest, des Pyrénées aux Vosges en passant par les Alpes et le Jura. Rare ou introduit ailleurs.
  • Altitude : entre 400 et 1 400 m, parfois jusqu’à 2 000 m
  • Associations : souvent associé au hêtre (basse altitude) ou à l’épicéa (haute altitude), parfois en peuplements purs (sapinières).
Chargement

cônes cylindriques dressés, hérissés de bractées, verdâtres puis brun-rouge à maturité

 8-15 cm

graine résineuse, à large aile triangulaire

aiguilles en brosse sur les rameaux fertiles (cime)

aiguille arrondie et douce

aiguilles sur deux plans en peigne, au niveau des rameaux stériles (branches basses)

écorce gris clair et lisse, puis craquelée en petites plaques et crevassée verticalement

généralement jusqu’à 50 m de haut

port pyramidal, puis colonnaire avec l’âge, branches horizontales souvent peu fournies

deux raies blanches sur la face inférieure

© Illustrations : Cécile aquisti

Une tradition pas si ancienne

La coutume du sapin de Noël est héritière d’une longue histoire païenne aux multiples origines. Les Celtes célébraient déjà les résineux pour la pérennité de leur végétation au cœur de l’hiver et voyaient en eux une métaphore de l’univers. Puis, cette symbolique et le culte de l’arbre sacré ont été assimilés par le christianisme. L’habitude de décorer un conifère aux alentours du 24 décembre remonterait au XVe siècle dans les pays germaniques. D’abord érigé sur les places et dans les églises, l’arbre orné d’hosties et de pommes s’est installé dans les foyers de l’aristocratie protestante au cours du XVIIIe siècle. Cette célébration s’est ensuite démocratisée dans le monde, il y a un siècle seulement.

Le sapin blanc est parfois choisi pour cette tradition. Mais l'épicéa ainsi que divers sapins exotiques représentent la majorité des achats.

Chargement
© Hervé Lenain / Alamy

Cet article fait partie du dossier

Mes beaux sapins

Couverture de La Salamandre n°279

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 279  Décembre 2023 - Janvier 2024, article initialement paru sous le titre "Plutôt blanc..."
Catégorie

Photos

Vos commentaires

Réagir

Pour commenter sans créer de compte, il vous suffit de cliquer dans la case « nom » puis de cocher la case « je préfère publier en tant qu’invité ».

Ces produits pourraient vous intéresser

Le grand livre de la nature

69.00 €

Les plantes sauvages

49.00 €

Agenda de la nature au jardin 2024

6.00 €

ALPES 2e édition

42.00 €

Découvrir tous nos produits

Poursuivez votre découverte

La Salamandre, c’est des revues pour toute la famille

Découvrir la revue

Plongez au coeur d'une nature insolite près de chez vous

8-12
ans
Découvrir le magazine

Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature

4-7
ans
Découvrir le magazine

Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique

Nos images sont protégées par un copyright,
merci de ne pas les utiliser sans l'accord de l'auteur