Les lourds dégâts environnementaux des plantations de résineux
Dès la fin du XIXe siècle, l’épicéa et d’autres conifères productifs sont plantés en masse. Zoom sur les conséquences désastreuses de cet enrésinement, alors que des alternatives existent.
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Coupes rases et monocultures : la double peine pour les forêts enrésinées*
- promiscuité et faible diversité génétique favorisent les maladies et donc le besoin en pesticides
- acidification du sol, suite à la décomposition lente des aiguilles
- sous-bois appauvri en raison de l’obscurité et de l’acidité
- sol compacté par de lourds engins, moins capable d’absorber l’eau
- engrais chimiques pour pallier le défaut de matière organique
- sol durablement déserté par les organismes vivants
- mortalité des jeunes plants exposés aux canicules et sécheresses
- terrain nu : érosion accrue et perte de l’effet brise-vent
- enracinement médiocre dans un sol très dégradé, arbres instables
- libération de CO2 en raison de l’export de matières et de la piètre santé du milieu *En Suisse, 85 % des épicéas sont dans leur aire de répartition naturelle et les coupes rases sont interdites.
*En Suisse, 85 % des épicéas sont dans leur aire de répartition naturelle et les coupes rases sont interdites.
Nos forêts
Représentant environ un tiers du territoire de chaque pays, elles abritent des résineux et des feuillus en proportions variables (ici en volume de bois sur pied) :
France
- 7 % épicéa
- 8 % sapin blanc
- 21 % autres résineux
- 64 % feuillus
Suisse
- 43 % épicéa
- 15 % sapin blanc
- 10 % autres résineux
- 32 % feuillus
Wallonie (Belgique)
- 42 % épicéa
- 14 % autres résineux
- 44 % feuillus
Futaies irrégulières :
une mixité pour la vie
- régénération naturelle diversifiée et plus résistante aux maladies
- couvert forestier permanent qui protège le sol de l’érosion
- trouées de lumière bénéfiques créées par les coupes ponctuelles
- bois mort laissé sur place, propice à la biodiversité et à la fertilité du terrain
- litière des feuillus favorable aux décomposeurs et à la dégradation des aiguilles
- sol vivant et aéré, réservoir d’eau, filtre et puits de carbone
- stabilité racinaire utile contre crues, vent et avalanches
- ombrage permanent propice aux activités de plein air en été
- étages variés et effets lisières accroissent la biodiversité
- gestion forestière douce et valorisation du bois : construction, recyclage en aggloméré, combustion
Hello, I am Doug
C’est à partir de 1827 que le Nord-Américain Douglas pose pied sur le continent européen. Ce membre de la famille des pinacées n’est pas un sapin à proprement parler, il appartient au genre Pseudotsuga. Planté massivement en de nombreux pays pour sa résistance aux maladies et son bois de qualité, notamment en Normandie, dans le Massif central et l’Ardenne belge, il ne représente encore en Suisse que 0,3 % du bois sur pied.
Passer de la monoculture de résineux à une forêt diversifiée.
Sylvain Angerand milite pour des forêts diversifiées et gérées de façon intelligente. Cet ingénieur forestier nous partage son avis éclairé sur l'enrésinement parfois inquiétant de certains paysages et nous explique d'autres possibles dans cette longue interview.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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