Les champignons peuvent être des alliés des jardiniers
© Nicolas Veerecken / la ferme biologique du Bec Hellouin

Cet article fait partie du dossier

Du réseau sous le chapeau des champignons

Quand les champignons deviennent les alliés des jardiniers

Meilleurs compagnons des arbres, les champignons peuvent aussi faire prospérer vos légumes. Cinq règles d’or.

Auteur

Christine Wuillemin



Meilleurs compagnons des arbres, les champignons peuvent aussi faire prospérer vos légumes. Cinq règles d’or.

En matière de champignons, beaucoup de jardiniers ne connaissent que l’oïdium, le mildiou et les rouilles qui peuvent ruiner un potager. Alors, pour préserver les récoltes, on y va à grands coups de fongicides, parfois de manière préventive.

Grosse erreur ! Ces traitements détruisent par la même occasion tous les champignons utiles. Et ceux-ci sont bien plus nombreux que ceux qui ravagent les cultures. Les invisibles champignons décomposeurs et leurs collègues symbiotiques sont aussi présents au jardin. Si les premiers fertilisent la terre, les seconds coopèrent volontiers avec courgettes, carottes et autres salades.

Des légumes plus gros et plus résistants

Les champignons utiles au potager sont presque tous des gloméromycètes. Pas la peine de chercher leurs fructifications, ils n’en produisent pas. Qu’importe ! Ces aides-jardiniers dopent l’accès des plantes potagères à l’eau et aux éléments nutritifs, boostent leur croissance et les renforcent contre la sécheresse, le gel, les insectes, les limaces et les maladies, y compris celles qui sont provoquées par les champignons pathogènes. Des scientifiques chinois ont par exemple récemment découvert que, face à une épidémie d’alternariose, des plants de tomates aux racines mycorhizées se préviennent les uns les autres. Ils luttent ainsi efficacement contre cette pathologie fongique. En revanche, dans une terre stérile, privée de champignons, les pieds de tomates voisins interagissent peu et se défendent moins bien. Alors, comment favoriser ce providentiel internet du potager ?

1

Travaillez la terre de manière légère en évitant le motoculteur, la bêche, le sarcloir et même la grelinette, car ces outils déchirent les très fragiles réseaux des champignons.

2

Bannissez tout produit phytosanitaire, même les fongicides bio, comme le sulfate de cuivre ou la bouillie bordelaise. Ils tuent les champignons utiles.

3

Si vous couvrez vos plates-bandes avec de la paille ou du foin, ils doivent être bio. Les céréales issues de l’agriculture conventionnelle sont traitées avec des fongicides qui subsistent généralement.

4

Redynamisez une terre pauvre avec des souches polyvalentes de gloméromycètes. Ces préparations encourageant la mycorhization des légumes sont proposées dans le commerce. Leur succès n’est toutefois pas garanti.

5

Soyez patient et respectez le rythme de la nature et des saisons. Observez les changements dans le potager. Si les vers de terre commencent à être abondants, c’est signe que les champignons tournent à plein régime. Les plantes potagères les plus dépendantes des champignons mycorhiziens seraient le poireau, la carotte et l’oignon. Les légumes-feuilles et -racines, de même que les légumineuses comme le haricot, le pois ou la fève, les acceptent avec plaisir. Les tomates et le maïs doux, quant à eux, s’en passent plus facilement.

Cultiver des pleurotes comestibles au jardin ? C’est possible et voici comment.

Comment faire pousser des pleurotes chez soi ?
© Vagengeim Elena

Au printemps, procurez-vous du blanc de pleurote en magasin ou développez du mycélium. Pour cela laissez tremper du carton ondulé – des carrés d’environ 10 cm – dans de l’eau durant dix minutes et découpez un pleurote frais en lamelles. Dans un récipient en verre stérile, composez une lasagne de morceaux de carton et de lamelles. Couvrez et placez dans un endroit chaud et humide. Au bout d’une semaine, vous obtiendrez des filaments blancs.

  • Creusez un sillon de 10 cm dans un rondin de peuplier ou de hêtre et étalez-y le mycélium. Protégez avec des branches ou de la paille.
  • Arrosez pour garder le tout bien humide jusqu’en automne. Les nuits froides déclenchent la fructification. Une récolte est disponible toutes les trois semaines jusqu’au gel. Le mycélium reprend au printemps et se maintient deux ou trois ans de suite.

Le livre Le potager du paresseux - Produire en abondance des légumes plus que bio, sans compost, sans buttes, D. Helmstetter, éd. Tana (2019)

Le site permaforet.org et son blog permaforet.blogspot.com

Découvrez en vidéo comment cultiver des fraises des bois en association avec des champignons, des plantes et des bactéries.

Comment préserver la biodiversité dans votre jardin ou sur votre balcon ? Venez faire le plein d’idées au 17e Festival Salamandre qui se tiendra du 18 au 20 octobre à Morges, en Suisse.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Champignons jardiniers"

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Du réseau sous le chapeau des champignons

Couverture de La Salamandre n°254

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 254  Octobre - Novembre 2019
Catégorie

Jardin

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