Le noir dans la nature, du charbon au corbeau
© Mario Cea Sanchez / Biosphoto

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De toutes les couleurs

Le noir dans la nature, du charbon au corbeau

Le noir d’avant les Lumières fait peur, mais il porte en lui la fécondité de la Terre. Longtemps mortifère et diabolique, il est devenu respectable. Mais c’est aussi le pétrole et le charbon avec lesquels notre espèce imprévoyante encrasse la planète.

Auteur

Julien Perrot



Le noir d’avant les Lumières fait peur, mais il porte en lui la fécondité de la Terre. Longtemps mortifère et diabolique, il est devenu respectable. Mais c’est aussi le pétrole et le charbon avec lesquels notre espèce imprévoyante encrasse la planète.

Dilapidé

Etonnante roche liquide, le pétrole résulte d’une décomposition incomplète de forêts fossiles piégées dans les profondeurs de la Terre. Il faut une absence d’oxygène, une pression souterraine importante et une température d’au moins 50 °C pendant des millions d’années pour transformer peu à peu une forêt fossile en un fluide très riche en énergie. Intensément prospecté et exploité dans le monde entier, le pétrole est une source d’énergie indispensable à notre civilisation thermo-industrielle. D’une manière ou d’une autre, cela ne pourra plus durer longtemps.

Déterré

Le noir dans la nature, du charbon au corbeau
Truffe noire du Périgord / © L.Bouvier / stock.adobe.com

Star incontestée de l’immense monde des champignons, la truffe noire du Périgord est une véritable curiosité. Cet être entièrement souterrain se nourrit de matière organique en décomposition. Le réseau de filaments qui le constitue est connecté aux racines d’un ou plusieurs arbres avec lesquels il vit en symbiose. En automne, la truffe développe un sporophore charnu qui dégage une odeur caractéristique. Objectif de la manœuvre ? Attirer un sanglier ou un autre gourmet qui déterrera ce curieux fruit souterrain, le mangera avant de disperser ses spores loin à la ronde dans ses excréments.

Eloigné

Pourquoi la nuit est-elle noire ? Si l’univers est rempli d’un nombre infini d’étoiles, le cosmos ne devrait-il pas nous apparaître comme très lumineux ? En réalité, l’univers est si grand que la lumière de beaucoup d’étoiles n’a tout simplement pas encore eu le temps de venir jusqu’à nous. Ensuite, cet univers étant en expansion, tous les corps célestes s’éloignent de nous, ce qui dilue une partie de leur rayonnement qui se perd en cours de route. Et enfin, nous sommes situés sur une partie extrêmement périphérique de notre galaxie, la Voie lactée. Si nous étions au milieu, le rayonnement de ses milliards d’étoiles nous apparaîtrait sans doute plus lumineux.

Pigmenté

Le noir dans la nature, du charbon au corbeau
© Nickitavanat / stock.adobe.com

La large palette de couleurs de peau des 7,5 milliards d’humains tient à un seul pigment : la mélanine. Cette molécule est un écran solaire naturel qui protège nos tissus contre les rayons ultraviolets aux effets dévastateurs. Plus une population humaine vit près de l’équateur, plus elle subit une insolation élevée et plus sa peau sera foncée. Beaucoup de mélanine, cela semble en plus avoir d’excellents effets sur le système immunitaire. Alors pourquoi ne sommes-nous pas tous noirs d’encre ? Parce que notre peau a besoin d’une certaine quantité d’ultraviolets pour synthétiser la vitamine D indispensable à l’absorption du calcium.

Imprimé

Pour faire du noir, nos ancêtres n’ont pas eu besoin de courir le monde à la recherche de pigments exotiques. Il leur suffisait de récupérer un peu de charbon de bois ou, encore mieux, de la suie produite par combustion : le fameux noir de fumée. Mélangé à un liant, colle de poisson ou gomme, celui-ci donne de l’encre. Le noir, c’est l’écriture, la gravure et bientôt l’imprimerie. Aujourd’hui encore, c’est de loin la couleur la plus produite et la plus utilisée au monde.

Irisé

Le noir dans la nature, du charbon au corbeau
© Minden Pictures / Cyril Ruoso / Biosphoto

Géant toutes catégories parmi les passereaux, le grand corbeau est un oiseau extrêmement intelligent… mais aussi entièrement noir, d’où sans doute une partie de son ancienne déplorable réputation. De près pourtant et au soleil, son plumage se colore d’extraordinaires reflets iridescents bleus et violets. Aucun pigment n’est capable de telles variations. En complément d’une bonne couche de mélanine pour le noir, c’est la structure microscopique des barbules de ses plumes qui provoque un phénomène lumineux appelé interférence à l’origine de ce chatoiement.

Apprenez tout sur les couleurs dans la nature dans la suite du dossier.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Noir charbon"

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Couverture de La Salamandre n°253

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 253  Août - Septembre 2019
Catégorie

Sciences

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