Guêpe commune, ambassadrice malgré elle
Pour la plupart d’entre nous, il n’y en a qu’une et c’est elle. Quand la palme de l’impopularité revient à la guêpe commune.
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Août. Les bambins gambadent dans la pelouse, les grillades tant attendues diffusent leur fumet sur fond de rires et de tintements de verres. Rien ne peut gâcher la saveur des vacances. Rien, à part peut-être ce petit bolide noir et jaune, tel un Dalton vrombissant de 20 mm à peine. A lui tout seul, ce trouble-fête transforme l’insouciance en stress, la joie en fureur et les bavardages en course folle. En quelques secondes, une seule guêpe commune peut faire d’un banquet estival un champ de bataille. Parmi la troupe de bipèdes affolés, un volontaire part au front, armé d’une tong reconvertie en tapette. Le regard noir, il est bien décidé à abattre l’ennemi n° 1 de l’apéro.
La guêpe envoûtée par l’emballage ensanglanté des côtelettes d’agneau ne voit pas venir le danger. Et paf ! Victoire ! Le glorieux géant ramasse fièrement la dépouille démembrée de sa victime et la porte si loin qu’on la penserait radioactive. Tandis qu’il revient parmi les siens, le héros du jour est saisi d’effroi : quatre de ces maudits insectes occupent désormais le terrain… C’est la guerre.
Et pourtant, ce n’est pas un soldat qui vient de perdre la vie, mais une simple ouvrière. Sa mission ? Subvenir aux besoins croissants de sa colonie. Plusieurs centaines de ces insectes œuvrent en effet sans relâche pour ravitailler une petite cité vrombissante. Ce grand nombre et cette voracité les conduisent tout droit à la confrontation avec Homo barbecueus.
Le camp de base des guêpes communes est un magnifique château de papier aux cellules hexagonales. Il se dissimule en général dans un simple trou au sol. Mais quand leur nid se cache dans les murs de la maison, c’est le branle-bas de combat. Si par chance la colonie n’est pas détruite, son heure viendra de toute façon avec l’automne. Les rangs des vaillantes travailleuses sont peu à peu décimés tandis que les jeunes futures reines partent en quête d’une bonne planque pour l’hiver.
Une dose suffit
Le venin des Vespula, Vespa et autres polistes est un cocktail chimique complexe : glycoprotéines, histamine, dopamine, acétylcholine et autres kinines sont responsables de réactions locales avec douleurs, brûlures et parfois allergies. La guêpe, qui peut piquer plusieurs fois, libère entre 2 et 10 µg de venin à chaque piqûre. C’est 5 à 25 fois moins que le coup de seringue unique de l’abeille domestique.
Victimes collatérales
La guerre que l’humain livre aux guêpes et frelons n’est pas sans conséquence pour d’autres insectes plus rares abusivement éliminés. C’est le cas de la guêpe des buissons, non agressive, dont le nid spectaculaire attire l’attention. Construit en extérieur et non dans une cavité, il peut atteindre 25 cm de diamètre et présente une ouverture en forme de tube vers le bas. A ne pas confondre avec celui du frelon asiatique ou frelon à pattes jaunes.
Sœurs jumelles
La guêpe germanique (> à gauche) ressemble comme deux gouttes d’eau à sa cousine la guêpe commune (> à droite). Cette dernière a souvent une tache noire caractéristique en forme d’ancre sur sa face jaune. Mais, sur le terrain, il n’est pas toujours facile d’en avoir le cœur net.
Incroyable vidéo d’une colonie de guêpes communes pas du tout agressives.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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