Symphytes, des guêpes … sans taille de guêpe
Etre ou ne pas être… une guêpe. Quand les très anciens symphytes posent problème.
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Un matin au jardin. Le soleil commence tout juste à réchauffer les couleurs des différents massifs de fleurs. Jaune, bleu, rouge, la palette passe subtilement du terne au vif, au fur et à mesure que s’évapore la rosée. Quelques cétoines et abeilles profitent des offrandes du grand rosier. Là, une bestiole zigzague d’un vol peu précis entre les inflorescences parfumées avant de se poser. Son corps est luisant, ses ailes noires et son abdomen orange vif. Une mouche ?
Approchons de cet insecte mystérieux qui semble bien affairé. La bête sort un appendice pointu et courbé de son abdomen et perce avec difficulté la tige robuste du rosier. Puis, grâce à des mouvements de l’arrière-train, elle commence à l’inciser, tel un chirurgien méticuleux. Enfin, elle dépose ses œufs au cœur de l’arbuste. Mais quel est donc ce fichu ennemi des roses ?
Avec ses quatre ailes, la tenthrède du rosier n’est pas une mouche mais une guêpe ancestrale . Elle fait partie du groupe des symphytes, autrement dit les plus anciens hyménoptères vivant de nos jours. L’indice primitif le plus évident est l’absence de taille de guêpe, cet étranglement entre le thorax et l’abdomen caractéristique de ses cousines plus récentes. Quant à l’appareil coupant qui permet aux femelles d’entailler les plantes pour y pondre, il a conduit les premiers naturalistes à nommer les symphytes mouches à scie.
Qu’elles forment des gales, fassent des trous, grignotent goulument des feuilles ou les enroulent en cigare pour se protéger, les larves de ces guêpes sont redoutées du jardinier. Groseillier, pommier, cerisier, iris, géranium, radis… la liste des plantes susceptibles de finir sous leurs mandibules est presque sans limites.
Fausse alerte
Malgré une longueur impressionnante atteignant 4 cm, le sirex géant est totalement inoffensif. Ce symphyte pond des œufs dans le bois. Son long appendice à l’arrière de l’abdomen n’est qu’un ovipositeur, c’est-à-dire un tube creux que la femelle enfonce à travers l’écorce. Au cœur d’un épicéa ou d’un sapin éclôt ensuite une larve qui se met à dévorer le bois.
Comme des chenilles
Les larves des symphytes sont herbivores. Rosier, saule, pin, frêne… Chacune a sa plante préférée. Ces croqueuses de feuilles ont pris l’aspect de chenilles de papillons. Alors, comment différencier les unes des autres ? Les larves de guêpes ont deux ocelles noirs bien visibles sur le front et au moins six paires de pattes à l’arrière des trois paires habituelles, alors que les futurs papillons en ont maximum cinq. En plus, ces fausses chenilles agitent l’arrière de leur corps en forme de S lorsqu’elles sont dérangées.
Voir notre vidéo Ceci n’est pas une chenille.
Tue-mouches
Bien qu’elles nourrissent leurs larves avec de la viande, la plupart des guêpes sont en réalité végétariennes au stade adulte. Chez les tenthrèdes, c’est parfois l’inverse : elles n’hésitent pas à capturer une mouche pour satisfaire leur propre appétit alors que leurs larves consomment du végétal.
Découvrez la guêpe mouche à scie Arge berberidis
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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