Spélerpès de Strinati, drôle d’amphibien des grottes
Langue de caméléon, détecteur chimique, absence de poumons… Où peut-on rencontrer l’incroyable spélerpès de Strinati ?
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Dans la pénombre d’une grotte de l’arrière-pays niçois, une drôle de salamandre se déplace sur la roche calcaire. Le spélerpès de Strinati fonce droit vers un cloporte, mais s’arrête net à quelques centimètres. Puis, l’amphibien d’une douzaine de centimètres projette sa langue pour attraper le crustacé, comme le ferait un caméléon. Celle-ci peut atteindre 80 % de la longueur du corps. Incroyable !
Mais comment cet amphibien repère-t-il ses proies dans l’obscurité ? Il capte la composition chimique de son environnement grâce à des récepteurs logés dans de petites incisions qui s’étendent de la narine à la lèvre supérieure. Il est ainsi capable de capturer insectes, araignées ou mille-pattes comme en plein jour. Si le spélerpès fuit le soleil, c’est parce qu’il craint l’air sec. En effet, il est dépourvu de poumons et respire par la bouche et par la peau, ce qui ne fonctionne qu’en conditions humides. A l’aise sur les parois les plus verticales grâce à ses doigts élargis et sa queue préhensile, cette créature n’est pas exclusivement cavernicole. Elle ne pénètre guère en profondeur dans les grottes et en sort par temps humide, généralement de nuit. Contrairement à la plupart des autres amphibiens, le spélerpès n’a pas besoin de point d’eau pour accomplir son cycle complet car les jeunes n’ont pas de phase aquatique (> Mère poule). Ils ne se distinguent des adultes que par leur taille.
Inutile de partir à la recherche de cette curiosité dans les grottes du Massif central, du Jura ou de Wallonie, le spélerpès n’existe que dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes et la Ligurie. On le trouve très localement en Ariège et dans la Vienne où il a été introduit. Sept autres amphibiens du genre Speleomantes vivent en Italie. Ce sont les seuls représentants de la famille des Pléthodontidés en Europe. Le continent américain en compte quant à lui environ 500. Mesurons donc le privilège d’avoir pareille bestiole par chez nous !
Mère poule
La femelle spélerpès reste lovée autour de ses 9 à 14 œufs pour les protéger pendant la longue incubation. Pleinement dévouée à sa tâche, elle ne s’alimente pas ou presque pendant six à douze mois. Elle veille ensuite sur ses nouveau-nés durant leurs premières semaines, par exemple en chassant les mâles qui pourraient les attaquer. Elle peut même déplacer ses petits en les transportant sur son dos.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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