Le coucou geai, un oiseau qui parasite les nids des corvidés
Tout autour de la Méditerranée, le coucou geai fréquente les espaces semi-arides avec pins parasols ou chênes lièges, les plantations d’oliviers ou d’amandiers, les clairières et les lisières. Ce bel oiseau au plumage contrasté est également migrateur au long cours et amateur de chenilles urticantes. Mâles et femelles défendent un territoire qui contient plusieurs nids de corvidés. / © George Reszteter / Alamy

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Coucou, t’es où ?

Le coucou geai parasite les nids des corvidés

Un cousin du coucou gris aux méthodes mafieuses parasite pies et corneilles. Et parfois leur rend de fiers services.

Auteur

Julien Perrot



Un cousin du coucou gris aux méthodes mafieuses parasite pies et corneilles. Et parfois leur rend de fiers services.

Le coucou gris n’est pas le seul oiseau parasite d’Europe. Il a un cousin dans le Sud, que l’on trouve en France, des Pyrénées-Orientales jusque dans le Var : le coucou geai. Comme son nom l’indique, cette espèce n’a pas choisi la facilité. Elle s’attaque à des oiseaux parmi les plus intelligents qui soient, c’est-à-dire les corvidés, principalement pie, geai et corneille.
Le coucou geai agit en duo. Mâle et femelle collaborent dans un grand jeu de diversion pour détourner l’attention du couple de corvidés qui défend âprement les alentours. Dans la confusion générale, la femelle coucou geai parvient jusqu’au nid. En trois secondes top chrono, elle pond un œuf et endommage en les piquant un ou plusieurs œufs de son hôte… avant de s’enfuir à tire-d’aile. Tel un coucou gris, elle a pris soin d’incuber son œuf vingt-quatre heures à haute température dans son ventre, ce qui accélère fortement son développement. Ainsi, le poussin éclôt à 14 jours contre 19 à 20 jours pour une jeune pie. Il n’en profite pas pour autant pour expulser les autres occupants par-dessus bord. En revanche, l’avance dont il bénéficie, ses cris et la taille de son gosier lui permettent de dérober beaucoup de nourriture, ce qui diminue les chances de survie des autres habitants du nid. Si les hôtes réagissent en éliminant l’œuf ou le poussin parasite, les coucous geais qui surveillent à distance mènent une expédition punitive et détruisent toute la nichée. Dans ce cas, les corvidés n’ont d’autre choix que de faire une ponte de remplacement qui sera de nouveau parasitée. Toutefois, ils n’oseront plus se débarrasser de l’intrus.

L’action d’un parasite n’a pas toujours que des inconvénients. Le coucou geai peut participer de deux étonnantes manières à la sécurité de la nichée mixte. Si un prédateur attaque, le jeune parasite sécrète une substance noire répulsive particulièrement efficace contre les mammifères. Et puis, fait extraordinaire, le couple de coucous geais peut venir à la rescousse des parents adoptifs pour protéger le nid. Là où la pression de prédation est forte, ce soutien peut se révéler un net avantage. C’est spécialement vrai chez les corneilles dont les petits résistent mieux que les pies à la concurrence du jeune parasite. On parle même dans ce cas de mutualisme. Autrement dit, un échange de bons procédés profitable à tous.

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Tel est le nombre d’espèces d’oiseaux européens où le parasitisme du coucou gris a été au moins occasionnellement constaté. Mais quand celui-ci pond chez une foulque dont les poussins quittent le nid à la naissance ou un grosbec essentiellement granivores, ses chances sont nulles. De telles erreurs seraient principalement dues à des femelles inexpérimentées.

Photos de famille

Découvrez la suite de notre dossier sur le coucou gris.

Apprenez-en plus sur la relation entre le coucou geai et la pie dans notre dossier sur la pie bavarde.

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Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Le parrain du Sud"

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Couverture de La Salamandre n°251

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 251  Avril - Mai 2019
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