Raies-guitares et poissons-scies, aussi étonnants que menacés
Pas vraiment plats, prolongés d’un museau interminable et déguisés en requins, les raies-guitares et les poissons-scies bousculent les codes.
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Avec son aileron saillant et une grande nageoire caudale au bout de la queue pour se propulser… la raie-guitare peut passer pour un squale au premier coup d’œil ! Une ressemblance vieille d’au moins 100 millions d’années. En effet, un fossile retrouvé au Liban montre que la bête n’a pas changé d’allure depuis le Crétacé.
Ressembler à un requin sans en être un présente surtout des inconvénients par les temps qui courent. Les raies-guitares figurent parmi les poissons les plus menacés au monde du fait qu’elles vivent une sorte de double peine. D’un côté, leur aileron attirant la convoitise est commercialisé sur le marché asiatique comme ceux des vrais requins. De l’autre, ces poissons se noient dans la méconnaissance généralisée qui les entoure, rendant difficile toute action de sensibilisation et tout traçage de leur pêche.
Pourtant ces raies rhino, comme elles sont parfois appelées, ne demandent qu’à flâner paisiblement sur les fonds sableux peu profonds des baies et des estuaires. Dans ces habitats, elles cherchent leur nourriture avec leur museau ultrasensible. Bien que partagé par d’autres poissons, ce talent de fouineur est poussé à son paroxysme chez les raies-guitares. Pourquoi ? Grâce à des organes d’électroréception répartis sur la peau de leur long museau (> dessin). Ces minuscules orifices sont reliés à des tubes qui permettent de percevoir champs magnétiques et gradients de température. Tout simplement imparable pour détecter les crustacés et les petits poissons dans l’obscurité.
Organes sensoriels sur la face inférieure de la raie-guitare, au niveau du museau (grossis artificiellement sur le dessin).

Fentes branchiales
Bouche
Narine
Pores

Ampoules de Lorenzini
Gelée électroconductrice
Faisceau de cellules électroconductrices
Scie à tout faire
Proche parent des raies-guitares, le fameux poisson-scie arbore un rostre impressionnant hérissé de dents. Cet outil sert à la fois à détecter les proies, à les attaquer grâce à des mouvements rapides, mais aussi à les manipuler pour mieux les avaler. Aujourd’hui disparu des eaux méditerranéennes, il montre une fascinante convergence de forme avec son cousin tout aussi rare, le requin-scie.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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