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Vipère, la pacifique

L’histoire du massacre des vipères par les chasseurs de prime

Au XIXe et XXe siècles, en France et en Suisse, les vipères ont été persécutées et massacrées sans relâche par de féroces chasseurs de prime pour quelques pièces.

Au XIXe et XXe siècles, en France et en Suisse, les vipères ont été persécutées et massacrées sans relâche par de féroces chasseurs de prime pour quelques pièces.

Les chiffres donnent le tournis. Il faut même relire certains plusieurs fois pour y croire : 500 000 vipères ont par exemple été éliminées entre 1864 et 1890 en Franche-Comté. Soit près de 20 000 par an ! Vous pensez que c’est impossible ? Nombre d’archives corroborent de tels tableaux. Prenez Viperus, un célèbre chasseur de vipères qui sévissait dans le canton de Vaud. Lors d’une interview au milieu des années 1930, le personnage concédait pouvoir attraper 4 600 individus en une saison ! Les motivations de ces acharnés allaient de la pure destruction d’un animal mal aimé à la fourniture de laboratoires pharmaceutiques en passant par le commerce d’alcool de vipère pour les restaurants.

Balivernes d’un temps lointain ? Pas sûr. Le centre de l’Institut Pasteur de Garches, en région parisienne, recevait environ 20 000 vipères par an au milieu des années 1950. Près de 6 000 étaient encore éliminées annuellement en Vendée à la fin des années 1970. Plus récemment, une figure dijonnaise prélevait encore un millier de bêtes chaque saison au début des années 1980.

Certains chasseurs devenaient des héros locaux. Ils entretenaient leur légende personnelle en prétendant détenir des pouvoirs surnaturels pour détecter les serpents et résister à leur dangerosité. A quelques exceptions près, ce Far West est heureusement de l’histoire ancienne. Mais il explique sûrement l’absence ou la rareté du reptile dans de nombreux milieux naturels encore favorables.

Piètre rançon

1 374,80 francs, c’est la prime totale allouée en récompense pour la destruction de 6 874 vipères aspics en 1905 à l’échelle du département des Deux-Sèvres. Soit 20 centimes par bête tuée. Bande-annonce du film Des serpents dans nos têtes

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En 1910, un cantonnier de Maine-et-Loire, M. Jean Martin, a détruit 12 032 vipères en six mois.

Jean Martin, chasseur de vipères à Saint-Laurent-de-la-Plaine, vers 1910.

Henri Auvray, dit deca, ou le Tueur de Vipères. 1 800 reptiles tués en 4 mois.

Jean Serpent, le Tueur de Vipères en 1922.

© images bouteilles : Dominik Fusina / Vipère péliade : Grégoire Meier / Squelette de vipère :  stock.adobe.com

Au nom de la loi

La vipère aspic et ses biotopes sont strictement protégés en Suisse par la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage. Idem en Belgique. En France, les vipères aspic et péliade souffrent d’une protection partielle liée à leur caractère venimeux, contrairement aux autres serpents indigènes. En clair : pas touche sans autorisation !

L'histoire du massacre des vipères par les chasseurs de prime
© Maxime Briola

Découvrez la bande annonce du film Des serpents dans nos têtes

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Vipère, la pacifique

Couverture de La Salamandre n°252

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 252  Juin - Jullet 2019, article initialement paru sous le titre "Pour une poignée de francs"
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