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Le moineau, piaf, tout simplement

Depuis quand le moineau domestique vit-il près de l’homme ?

Il était une fois d'un moineau qui s’est mis à suivre l’Homme comme son ombre. Une histoire vieille de plusieurs millénaires et toujours d’actualité.

Il était une fois d'un moineau qui s’est mis à suivre l’Homme comme son ombre. Une histoire vieille de plusieurs millénaires et toujours d’actualité.

Un petit piaf de 35 g ferait-il concurrence au chien et au cheval dans la catégorie meilleur ami de l’homme ? C’est la question que l’on peut se poser en ouvrant les archives de l’histoire qui nous relie au moineau. Comment cette proximité est-elle née ?

Faisons d’abord parler les vestiges du passereau : les plus anciens ossements proviennent tous du Moyen-Orient. Cette région à l’histoire si riche, au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, serait le berceau du moineau domestique. En étudiant les multiples formes de cet oiseau, identifiées à travers l’Eurasie et sur ses marges, les biologistes ont constaté qu’elles sont génétiquement très proches les unes des autres. Cela signifie que l’évolution et la dispersion du moineau se sont déroulées à partir de cette région orientale originelle et à une période relativement récente.

Les chercheurs en sont convaincus, c’est la naissance de l’agriculture, lors de la révolution néolithique, qui a modifié les habitudes de vie du moineau sauvage de l’époque. Le passereau s’est rapproché de l’homme, de ses premières maisons et surtout de ses graines de céréales. Au fil des siècles, celui que le célèbre naturaliste Linné a justement nommé Passer domesticus – de domus, maison, construction – est devenu de plus en plus dépendant des paysans. Et lorsque ces cultivateurs de grains se sont déplacés, l’oiseau les a suivis. Vers le nord, vers l’ouest ou vers l’est, les hommes avaient désormais un petit piaf dans leur sillage, un nouveau compagnon dans leur village.

Les scientifiques estiment que cette expansion géographique conjointe a débuté il y a environ 8 000 ans. De manière surprenante, Passer domesticus a réussi en si peu de temps à se transformer physiquement : il présente un crâne significativement plus robuste que son ancêtre des steppes et son organisme synthétise deux enzymes, déjà connues chez l'être humain et le chien, liées à une forte consommation d’amidon. Des adaptations clairement associées à une alimentation d’origine agricole.

Comme le toutou et le canasson, le moineau est aujourd’hui étroitement lié à l’homme. Mais à la différence de ces deux mammifères véritablement domestiques, le moineau reste sauvage et vit sa vie. Un brin dépendant, mais autonome.

Moineau de Bactriane / © KZ Aurélien Audevard

Liberté chérie

Dans de lointaines contrées steppiques du Kazakhstan et du Turkménistan vit la sous-espèce bactrianus du moineau domestique. Cette forme est considérée comme très proche de ce qu’a dû être le moineau originel du Moyen-Orient. L’actuel moineau de Bactriane partage avec cet ancêtre deux particularités. D’une part, il est migrateur et rejoint l’Inde en hiver, d’autre part, il reste aujourd’hui encore totalement indépendant de l’humain. Ce piaf sauvage ne pénètre pas dans les villages et ne se reproduit pas avec ses congénères commensaux.

Retrouvez l’histoire du blé et de l’agriculture dans notre dossier Les herbes essentielles.

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Elles n'ont l'air de rien et pourtant elles ont conquis le monde. Herbes par excellence, les graminées sont partout, des dunes littorales jusqu'au sommet des montagnes. Et surtout, depuis quelques millénaires, une poignée d'entre elles sont devenues d'indispensables compagnes de l'humanité. Blé, orge, riz, maïs… Mais que sait-on de ces herbes essentielles ?

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Passer domesticus, compagnon de toujours"

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Le moineau, piaf, tout simplement

Couverture de La Salamandre n°259

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 259  Août-Septembre 2020
Catégorie

Sciences

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