Vrai ou faux ? On trie les idées reçues à propos des tiques
Rien que d’y penser, ça vous démange. Avant de nous plonger dans l’univers des tiques, répondons à quelques-unes de vos préoccupations à leur sujet…
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Les tiques sont-elles vraiment inutiles ?
Les parasites, comme les tiques, jouent un grand rôle dans la chaîne du vivant. Ils contribuent à réguler des populations animales, mais ils sont aussi un moteur de l’évolution en poussant leurs hôtes à s’adapter pour survivre. Leur poids important dans la biomasse globale remplit également le garde-manger d’une multitude d’espèces : les minuscules nématodes se repaissent des tiques, tout comme le font les passereaux, les reptiles, mais aussi… les poules qui adorent les becqueter ! En résumé, malgré l’effroi qu’elles provoquent, les tiques rendent service à la nature !
Quelle quantité de sang une tique ingère-t-elle ?
C'est difficile à évaluer, dans la mesure où la tique ne fait pas qu’absorber le sang : elle en recrache une partie, en éliminant un certain pourcentage de l’eau qu’il contient. Toutefois, on considère qu’une tique, selon son stade de vie, peut avaler entre 0,5 et 1 ml de sang par prise. Elle pourra ainsi multiplier son volume par 10, et son poids par 200.
Toutes les tiques transmettent-elles des maladies ?
Non. Mais une proportion importante de la population d’Ixodes ricinus, la tique la plus répandue en Europe, est infectée par la borréliose de Lyme. Les études estiment qu’entre 5 et 30 % des individus de cette espèce portent la bactérie. Cependant, la probabilité de contracter une borréliose après une piqûre de tique infectée n’est que de 1 à 5 %. Le risque augmente cependant à mesure que la tique reste fixée.
L’autre maladie dont on parle souvent en Europe, la méningo-encéphalite à tiques, est encore plus rare. Transmise par un virus cette fois, elle infecte en moyenne moins de 1 % des tiques. Dans les zones endémiques, où la prévalence est plus forte, les personnes piquées par une tique ont 1 à 2 % de risque de développer la maladie.
Les tiques sautent-elles des arbres ?
Non. Contrairement à une croyance répandue, les tiques ne tombent pas sur la tête des promeneurs depuis des branches. Pour se mettre à l’affût d’un hôte de passage, ces acariens ne montent pas à plus de 1,2 m de hauteur dans la végétation. Les tiques, qui ont besoin d’un taux d’humidité de 80 % pour survivre, font en effet de fréquents allers-retours entre leur affût et la litière de la forêt. Les larves ou les nymphes grimpent moins haut que les individus adultes, qui recherchent de gros mammifères. Mieux vaut donc enfiler un pantalon qu’une casquette lors d’une promenade en sous-bois.
Ont-elles une préférence pour un groupe sanguin chez les humains ?
Ce point est relativement peu étudié. Cependant, une étude in vitro réalisée par une équipe de l’Université de Masaryk, en Tchéquie, sur Ixodes ricinus a révélé certaines préférences. Les tiques, qui se voyaient proposer un échantillon de chaque groupe sanguin, se dirigeaient d’abord vers le groupe A (36 %), suivi des groupes O et AB. Le groupe B était le moins choisi de tous (15 %).
Existe-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?
Malheureusement, non. Il est toutefois possible de suivre rapidement une antibiothérapie en cas de symptômes. Mais encore faut-il savoir que l’on a été piqué... L’infection peut être signalée par la présence d’un érythème migrant entre quelques jours et un mois après la piqûre. Les tests sérologiques, eux, ne sont efficaces que plusieurs mois après l’infection. Malgré le traitement, certains patients développent une forme longue de la pathologie. Ils présentent des troubles neurologiques ou articulaires, alors que la bactérie n’est plus détectable dans leur organisme. Contrairement à la maladie de Lyme, il n’existe pas de traitement pour la méningo-encéphalite à tiques, mais un vaccin efficace à plus de 95 %.
Est-il dangereux que sa tête reste dans la peau ?
Il est en effet recommandé de retirer le parasite avec un tire-tique, en le tirant doucement sans l’écraser – inutile de faire un mouvement de rotation comme parfois préconisé –, de manière à ce que ses pièces buccales ne restent pas dans la peau. Toutefois, il n’y a pas plus de risques de transmission de maladie par cette partie si on ne l’a pas retirée. Le problème est qu’un corps étranger reste sous la peau, ce qui peut, au même titre qu’une épine, causer une infection.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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