Cet article fait partie du dossier
Tique, ennemie publique
Leçon d’anatomie : la tique sous la loupe
Avec ses huit pattes et son rostre denté, la tique a de quoi réveiller des phobies. Approchez au plus près d’Ixodes ricinus, l’espèce la plus commune d’Europe.
Abonnés
Armure ascétique
Le scutum, plaque dorsale sclérifiée, est caractéristique de la famille des ixodidés, ou tiques dures. Chez la femelle d'Ixodes ricinus, il ne recouvre qu’une partie du corps afin de lui permettre d’étendre son exosquelette et de se gorger de sang. Le mâle n’en ingère pas, ou alors en très faible quantité, à de rares occasions, par exemple lors de l’attente d’une femelle sur un hôte. Son scutum recouvre donc la totalité de son corps, et un autre bouclier protège sa face ventrale.
Aspire… expire
La tique ne se contente pas d’absorber du sang, elle injecte également, par sa salive, des substances lui permettant de manipuler les systèmes de défense de son hôte. C’est par ce même liquide que la tique peut transmettre des maladies comme la borréliose de Lyme : chez une tique infectée, la bactérie, d’abord présente dans son système digestif, migre ensuite vers ses glandes salivaires.
Sang et salive sont aspirés et expirés en alternance par la même pièce buccale, le canal pré-oral, situé entre le sillon de l’hypostome ( sur la face ventrale de la tique ) et les chélicères ( sur la face dorsale ). Étudier la mécanique des différents éléments de cet appareil buccal aide donc les chercheurs à comprendre comment les tiques transmettent des agents pathogènes.
À tâtons
À l’inverse d’autres espèces des genres Dermacentor ou Amblyomma, qui disposent d’une paire d’yeux rudimentaires, Ixodes ricinus est aveugle. Pour percevoir son environnement, elle doit donc compter sur les soies sensorielles, ou sensilles, présentes sur l’ensemble de son corps, mais surtout, comme les autres tiques, sur l’organe de Haller ( Image ci-dessus ). Ce dernier lui permet par exemple d’évaluer l’hygrométrie de son environnement et de détecter les phéromones de ses congénères.
À bon port
Lors de l’accouplement, le prétendant introduit son rostre dans le gonopore de la femelle. Il soulève ensuite son arrière-train, pour se placer perpendiculairement à l’orifice génital et l’élargir par effet de levier, positionnant par là même son propre orifice au-dessus du sien. Le spermatophore ( paquet de sperme ) est ensuite éjecté et fixé dans le gonopore de la femelle.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
Catégorie
Ces produits pourraient vous intéresser
Poursuivez votre découverte
Nos 3 revues
Salamandre Junior (8 - 12 ans)
Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature
Découvrir le magazinePetite Salamandre (4 - 7 ans)
Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique
Découvrir le magazineLa Salamandre est un éditeur indépendant et sans but lucratif entièrement dédié à une cause essentielle : faire aimer la nature. Partez à la rencontre d'animaux petits et grands ou de plantes incroyables qui vivent tout près de chez vous.