© Hélène Tobler

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Cistude, dans la peau d’une tortue

Une famille qui protège les tortues

Biologiste, Charlotte Ducotterd a choisi de consacrer sa thèse à la cistude. Pas tout à fait par hasard. En 1994, son père également passionné par les tortues fondait une association qui a joué un rôle capital dans le retour de cet animal en Suisse.

Biologiste, Charlotte Ducotterd a choisi de consacrer sa thèse à la cistude. Pas tout à fait par hasard. En 1994, son père également passionné par les tortues fondait une association qui a joué un rôle capital dans le retour de cet animal en Suisse.

Charlotte Ducotterd, à quoi servira votre thèse ?

Ce qui me motive, c’est de contribuer de manière concrète au retour de la cistude. En parallèle au suivi des individus relâchés près de Neuchâtel, j’étudie les possibilités de réintroduction sur d’autres sites, notamment la température des sites de ponte qui est un paramètre limitant et crucial pour cette espèce. Au Moulin-de-Vert à Genève, je vais aussi me pencher sur les crottes des tortues. En analysant les fragments d’ADN qui s’y trouvent, il est possible de reconstituer très précisément le régime alimentaire selon l’âge et les saisons.

Ne sait-on pas déjà en gros ce qu’elles mangent ?

Des études récentes suggèrent que la cistude est beaucoup moins carnivore qu’on ne le pensait. J’aimerais creuser la question car c’est un point important. Certains Cantons hésitent à se lancer dans le projet par crainte que les tortues réintroduites ne déciment les amphibiens.

Le 12 juin 2015, tous les amis des cistudes s’étaient donné rendez-vous dans la réserve de la Vieille-Thielle près de Neuchâtel pour un lâcher de 9 tortues munies chacune d’un émetteur radio à la fréquence personnalisée. / © Hélène Tobler

Êtes-vous également impliquée dans les activités du Centre de récupération des tortues de Chavornay fondé par votre père ?

Evidemment ! Quand papa a commencé cette aventure, j’avais quatre ans. Le Centre de Chavornay (VD) joue un rôle capital dans la protection de la faune aquatique en Suisse. Chaque année, nous recueillons 360 tortues exotiques, une par jour, autant de bombes à retardement biologiques dont on évite la dispersion dans la nature.

L’interdiction du commerce des tortues de Floride n’a-t-elle pas réglé le problème ?

Hélas non. Les gens continuent à acheter d’autres espèces exotiques qui seront tôt ou tard trop petites pour leur aquarium. En fait, nous recevons toujours plus d’animaux. Une campagne de recherche de fonds est en cours pour construire un nouveau centre adapté aux besoins. Avis aux donateurs potentiels…

Pour en savoir plus

Chronique du retour des cistudes en Suisse.

Si vous ne savez plus que faire de vos tortues exotiques :

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Cistude, dans la peau d’une tortue

Couverture de La Salamandre n°235

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 235  août - septembre 2016, article initialement paru sous le titre "Une famille très tortue"
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