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Les martinets Flèche & Orion – saison 2026

Boulettes d’insectes, crottes « évacuées » : le quotidien du martinet Hélios

Le petit martinet noir Hélios, fils de Flèche & Orion a déjà une semaine. Tour guidé au nichoir, entre nourrissages, crottes et ménage...

Hélios vient de fêter sa première semaine de vie. Malgré le cagnard infernal qui caractérise ce début d’été, il est en pleine forme et grandit à vue d’œil. Poussin unique de la nichée 2026, il est littéralement gavé par ses parents, qui n’ont pas besoin de partager le fruit de leurs captures entre plusieurs frères et sœurs. Le jeune martinet est encore aveugle, mais son petit corps a déjà subi une transformation impressionnante : sa taille a doublé, son bec s’est remarquablement renforcé et sa peau rosâtre est maintenant tapissée de points plus sombres… Ce sont les gaines, des sortes de mini tuyaux dans lesquels se développeront les plumes.

Habituellement, la première semaine, les poussins sont couvés presque en continu par les parents. Dépourvus de duvet et de plumes, ils ont en effet encore besoin de la chaleur des adultes pour survivre. Mais ces derniers jours, avec une température du nichoir avoisinant 40 °C l’après-midi, Hélios est régulièrement laissé seul. En pleine canicule, pas besoin de couver !

Lire aussi : tous les martinets n’ont pas la chance d’Hélios pendant la canicule

Boulettes d’insectes

Martinet noir en vol, avec la poche sublinguale remplie de plancton aérien, signe qu'il s'agit d'un adulte reproducteur / © Alessandro Staehli - www.alessandrostaehli.com

Moucherons, pucerons, petits coléoptères, fourmis et araignées volantes… Le martinet noir se nourrit de plancton aérien. Pour assouvir l’appétit d’Hélios, chacun des parents capture une à une de nombreuses petites bêtes, rigoureusement en l’air, et les accumule dans une poche sous la langue. Au cours d’une seule partie de chasse, la boulette d’insectes agglutinés avec de la salive atteint le millier de proies. En comptant 25 à 45 nourrissages par jour, on peut estimer qu’une nichée reçoit quotidiennement plusieurs dizaines de milliers d’invertébrés ! Or, si l’on croit à la citation de Lavoisier selon qui rien ne se perd, rien ne se perd, tout se transforme, une énorme quantité de fientes devrait en théorie tapisser le plancher du nichoir… Il n’en est rien. Flèche & Orion feraient-ils le ménage ? La réponse en vidéo…

Crottes et encas

Il est 13 h 34 et Hélios pionce dans sa piaule surchauffée. Soudain, il dirige son arrière vers l’extérieur et expulse une volumineuse fiente mollasse et verdâtre, contenue dans une membrane luisante : le sac fécal. Une heure plus tard, la scène se reproduit et une deuxième crotte atterrit pile à côté de la première. À 15 h 15, un adulte arrive au nid avec la poche sublinguale remplie de planton aérien encore grouillant. Après ce énième nourrissage de la journée, le parent se tourne, repère les fientes et en gobe une sans hésitation !

À première vue peu ragoûtant, ce comportement a une triple fonction. D’abord, il contribue à la propreté et à l’hygiène du logement. Deuxièmement, il permet aux adultes de récupérer l’eau (jusqu’à 72 % de la composition de la crotte) et les nutriments non digérés lors du passage dans l’intestin encore peu performant des jeunes. Et pour finir, ce petit encas leur couperait également l’appétit, les poussant à concentrer leurs efforts sur la capture de proies à l’intention de la nichée.

Lire aussi : le martinet, l’oiseau qui mange, boit et dort en vol

Les martinets de Saint-Blaise

Ambassadeurs du soleil et de l’été, Flèche & Orion sont un couple de martinets noirs (Apus apus) établi à Saint-Blaise (Neuchâtel, Suisse). Ils occupent un nichoir exposé plein sud avec une vue imprenable sur le lac de Neuchâtel et équipé de deux webcams. Ancien rédacteur et actuellement responsable de projets d’édition à la Salamandre, notre collègue Alessandro Staehli est l’initiateur de ce suivi passionnant par caméra interposée. Le biologiste et photographe naturaliste a raconté le feuilleton du célèbre couple de martinets noir Bise & Azur dans L’oiseau qui ne s’arrête jamais (Revue Salamandre n° 263). Très actif sur le terrain également, Alessandro œuvre pour la conservation du martinet noir dans sa région et est à l’origine de la pose de centaines de nichoirs.

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