Géant ! - La Salamandre
Le myxomycète est une gelée vivante qui se déplace à la recherche de nourriture ou d’humidité. Présentez-lui par exemple un flocon d’avoine. Pour l’engloutir, il s’en rapprochera au rythme d’environ 1 cm à l’heure. / © Gilbert Hayoz

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Rencontre du 3e type

Géant !

Revenons au myxomycète. Gros plan sur cette amibe colorée et gluante qui rampe dans le sous-bois : très probablement l’une des plus grandes cellules vivantes au monde.

Auteur

Julien Perrot



Revenons au myxomycète. Gros plan sur cette amibe colorée et gluante qui rampe dans le sous-bois : très probablement l’une des plus grandes cellules vivantes au monde.

Géant ! - La Salamandre
Cette coupe à travers un tissu humain révèle ce qui nous différencie fondamentalement des myxomycètes : comme tous les animaux, les plantes et les champignons, nous sommes composés de milliards de cellules. / © Zellen Gebaermutter / Keystone

Tous les êtres vivants qui partagent notre quotidien sont construits selon le même modèle. Nos parents et nos amis, le chien qui aboie devant la maison, nos plantes vertes, la mouche contre la fenêtre, tous sont constitués d’un nombre astronomique de cellules. Celles-ci portent le même patrimoine génétique codé dans l’ADN de leur noyau. En d’autres termes, chaque être humain comme vous et moi est le prodigieux résultat d’une étroite collaboration entre 60’000 milliards de cellules, pour la plupart extrêmement petites.

Le myxomycète est construit selon un plan radicalement différent. C’est une seule cellule, géante. Elle peut atteindre une taille de plusieurs dizaines de centimètres. Quelle réussite pour une amibe isolée et microscopique ! Qu’est-ce qui a permis pareil changement d’échelle ?

Cellule unique

Au lieu de vivre sa vie d’amibe normale qui se divise immuablement par deux, notre héroïne partage son noyau, mais continue à ne former qu’une seule cellule. Comme si elle rechignait à se dédoubler.
Et ça continue : toutes les huit à dix heures, les noyaux toujours plus nombreux se multiplient de manière parfaitement synchronisée. La cellule unique gonfle, sa croissance s’accélère au fur et à mesure que le myxomycète se déplace et dévore toujours davantage de bactéries. Ainsi finit-il par être visible et par former ce qu’on appelle un plasmode. Ce protozoaire géant est pourvu de millions de noyaux identiques. Il s’agit probablement, toutes catégories confondues, de l’une des plus grandes cellules du monde vivant.
Il est temps d’observer comment cette créature se comporte : si vous voulez mon avis, les images ci-contre se passent d’un long discours…

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Rencontre du 3e type

Couverture de La Salamandre n°171

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 171  Décembre 2005 - Janvier 2006
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