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Planète algue

Algues bleues, les plus anciennes de toutes

L’invention de la photosynthèse par les algues bleues, il y a 2,5 milliards d'années, a donné un fabuleux coup d’accélérateur à l’histoire de la vie.

L’invention de la photosynthèse par les algues bleues, il y a 2,5 milliards d'années, a donné un fabuleux coup d’accélérateur à l’histoire de la vie.

Pas un poisson, ni une étoile de mer, ni même une méduse. Au début et pendant très très longtemps, il n’y avait aucune vie décelable à l’œil nu dans l’océan des origines. Seulement des bactéries invisibles qui tiraient leur énergie des gaz produits par le volcanisme. Et puis un jour, il s’est produit quelque chose de presque aussi extraordinaire que la mystérieuse apparition du vivant. Certaines de ces bactéries ont trouvé le moyen de récupérer une source d’énergie renouvelable et inépuisable. C’est la fameuse photosynthèse.

En concentrant la lumière du soleil avec un pigment appelé chlorophylle sur deux ingrédients omniprésents, de l’eau et du gaz carbonique, ces bactéries produisent des sucres dont elles peuvent se nourrir. Bingo ! Le déchet de cette transformation, c’est l’oxygène. Dans quelques centaines de millions d’années, à force de s’accumuler dans l’atmosphère, ce gaz produira un parapluie contre les rayons ultraviolets : la couche d’ozone. En attendant, en l’absence de filtre protecteur, les rayons du soleil recherchés pour leur énergie sont en même temps nocifs à la vie. Alors, ces organismes ne se développent pour l’instant qu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur sous la surface des océans… ou cachés sous un mince bouclier calcaire.

Heureusement, un pigment bleuté associé à la chlorophylle améliore le rendement de la photosynthèse. C’est à la couleur de cette substance que l’on doit le nom de ces précurseurs : bactéries bleues ou cyanobactéries, ou plus simplement algues bleues. Rapidement, ces êtres microscopiques prolifèrent, parfois en formant de grandes structures rocheuses qui sont parvenues jusqu’à nous. Leur succès modifie complètement la composition chimique des océans comme de l’atmosphère, dans un sens qui va grandement favoriser la suite de cette histoire.

Premiers récifs

Dans le Sahara ou au Groenland demeurent de très anciennes structures géologiques calcaires, comme de grandes tables en millefeuille. Ces stromatolithes ont été créés par des colonies d’algues bleues. Ces bactéries sécrètent une gelée qui précipite le calcaire dissous dans l’eau en formant peu à peu des dômes hauts de plusieurs mètres. En quelques rares endroits, il existe encore des stromatolithes actifs. Ici à Shark Bay en Australie.

Foreurs de roche

Au bord de la Méditerranée, rares sont les êtres vivants qui parviennent à survivre dans la zone intermédiaire battue par les embruns. Cette limite entre deux mondes est colonisée par des cyanobactéries qui carient la roche calcaire en creusant des galeries microscopiques. Un gastéropode, la littorine, creuse avec sa langue râpeuse pour brouter ces algues bien cachées. Tout ce petit monde érode la rive de plusieurs millimètres par an.

Crachats de lune

© Hakan Soderholm / Alamy © Elif Bayraktar  / IStockphoto

On trouve des algues bleues en mer, en eau douce et aussi parfois sur la terre ferme. Avez-vous déjà remarqué une espèce de gelée contre le sol ? Ces crachats de lune ou gelées d’étoile apparaissent et gonflent tellement vite en présence d’humidité qu’on a longtemps cru qu’ils tombaient du ciel, d’où leurs noms poétiques. En fait, ce sont des colonies de nostoc. Cette algue bleue forme des colliers microscopiques avec de temps en temps des individus plus gros spécialisés dans la fixation de l’azote atmosphérique.

60 %

© Tetiana Vitsenko / Alamy © Pascal Goetgheluck / Biosphoto

Telle est l’impressionnante teneur en protéines des algues bleues appelées spirulines… comme une viande d’origine bactérienne ! Consommées depuis la nuit des temps sur les rives du lac Tchad, ces algues bleues microscopiques sont cultivées à grande échelle au Mexique ou au Viet Nam pour leur forte valeur nutritive – avec très peu de graisses – et aussi pour leur richesse en antioxydants, d’excellents préventifs contre le vieillissement de nos cellules.

Apprenez tout sur les secrets de la photosynthèse dans notre dossier sur la couleur verte.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Les bleues prennent le contrôle de la Terre"

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Couverture de La Salamandre n°260

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 260  Octobre-Novembre 2020
Catégorie

Sciences

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