Cincle plongeur au milieu d'une rivière
Le cincle vit le long des rivières fraîches et bien oxygénées d’Europe et d’Asie. Dans l’Himalaya, il atteint 5’500 mètres d’altitude. / © Christophe Sidamon-Pesson

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Le cincle plongeur, cascadeur des rivières

Merle d’eau, l’autre nom du cincle plongeur

Ce n’est pas à son panache blanc, mais à sa bavette qu’on le reconnaît. Un plastron éclatant qui permet de suivre le vol rapide du passereau à ailes courtes.

Auteur

Fabrice Cahez



Ce n’est pas à son panache blanc, mais à sa bavette qu’on le reconnaît. Un plastron éclatant qui permet de suivre le vol rapide du passereau à ailes courtes.

La rivière en a vu d’autres. En a longé des racines, en a murmuré des glouglous. Depuis le temps qu’elle flemmarde dans son lit de graviers et de galets. Elle en a vu, la rivière, des bêtes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, des à plumes, des à poils, des à nageoires et même des à pédales qui ont traversé son cours sans même lui faire la cour. Elle en a vu, la rivière, des plongeoirs et des perchoirs, et des oiseaux s’en laisser choir. Mais celui qui l’épate le plus, c’est sûrement le cincle
Un vrai personnage qui pourtant ne paie pas de mine. Pas de vives couleurs comme martin le pêcheur. Pas de jupe jaune comme la bergeronnette. Juste une robe de bure comme un moine d’eau.

Rondouillard

Un drôle de moineau, de la taille d‘un merle. Une drôle de boule d’oiseau, rondouillarde et débrouillarde, quand le froid gonfle sa parure. Une grosse bulle de barbules, légère et débonnaire, qui vient reprendre l’air sur une pierre avant de disparaître.
Petites ailes pour ramer, grandes pattes sans palmes, petite queue comme gouvernail, grandes griffes pour s’accrocher. Et voilà du merle d’eau le parfait attirail. Celui qui lui permet d’être le seul passereau à plonger et marcher au fond de l’eau.
Ajoutez au tableau un accessoire éclatant. Sous le menton, une bavette blanche, comme une claire intention de se faire repérer au tout premier coup d’œil. Sans elle, le cincle ne serait presque qu’un merle ordinaire, un vulgaire pensionnaire de la rivière. Mais son plastron éclatant, il l’exhibe fièrement en entonnant ses premières strophes.

Cincle plongeur
Cincle plongeur / © Philippe Emery

Et la merlette ?

Il faut être malin, pour distinguer chez ce lutin le masculin du féminin. Les spécialistes nous mettent sur la piste. Madame est plus petite et discrète, Monsieur un peu plus lourd et démonstratif. On murmure aussi que la lutine est plus subtile, qu’elle se faufile au ras des flots dès qu’arrive le danger, alors que le poltron prend aussitôt de la hauteur et de la distance. Il paraît également que les ailes de l’un sont plus longues d’un centimètre que celles de l’autre, sans doute pour mieux l’enlacer quand vient le temps de lutiner.

Les territoires du cincle

De l’Europe à l’Asie en passant par les montagnes d’Afrique du Nord, l’oiseau n’est pas rare et volontiers montagnard.

Cinclus cinclus alias le cincle plongeur décline son curriculum en plusieurs sous-espèces qui occupent d’une façon discontinue les rivières des zones montagneuses et vallonnées d’Eurasie et du Maghreb. Dans leur ruisseau suisse ou français, les larves de salamandre côtoieront Cinclus cinclus aquaticus dont la bavette blanche est bordée de roux.
Le cincle se rencontre de la plaine à la montagne jusqu’à plus de 2’200 mètres d’altitude, voire plus haut en Valais ou dans les Grisons. La Suisse, château d’eau de l’Europe au relief accidenté, lui convient si bien qu’on peut le voir sur presque tous les cours d’eau.
En France, environ 30’000 couples nichent au sud-est d’une diagonale qui va du Nord au Pays basque. Le cincle est absent plus à l’ouest parce que les rivières n’y sont généralement pas assez pentues et que, par conséquent, elles ne lui offrent pas des conditions suffisamment favorables.

Découvrez la suite du dossier sur le cincle plongeur.

Apprenez tout sur le martin-pêcheur, l'oiseau turquoise.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Merle d’eau"

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Le cincle plongeur, cascadeur des rivières

Couverture de La Salamandre n°166

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 166  Février - Mars 2005
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