© Daniel Magnin

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Le cincle, cascadeur des rivières

Comment le cincle plongeur fait-il pour rester sec ?

Toujours dans l’eau, jamais trempé. La rivière ne peut rien contre la tenue de plongée imperméable du cincle plongeur.

Toujours dans l’eau, jamais trempé. La rivière ne peut rien contre la tenue de plongée imperméable du cincle plongeur.

Le cincle plongeur est un champion de l’apnée. Il n’hésite pas à se mouiller des dizaines de fois par jour. Et à remonter, autant de fois, au bout… d’un certain temps, comme une balle de ping-pong.
Ses performances sont sans équivalent chez les passereaux. Il peut effectuer des séjours sous l’eau, narines fermées, à moins d’un mètre de profondeur, pendant 7 secondes en moyenne avec des pointes jusqu’à 15. Son plumage retient des bulles d’air qui enveloppent son corps comme une gangue et le transforment dans les eaux claires en sirène luisante. Pourtant sa morphologie bedonnante l’apparente plus à un champion de pétanque que de plongée. Il faut croire que l’habit ne fait pas le moine.

Cincle plongeur
Seul passereau à la fois plongeur et nageur, le cincle est capable de traverser des chutes d’eau en plein vol. Son plumage renforcé par 50 % de plumes isolantes le protège des eaux les plus froides, tandis que narines et oreilles se referment à chaque plongée. / © Fabrice Cahez

Marcher sous l’eau

Sous l’eau, le cincle actionne ses courtes ailes à l’aide de puissants muscles pectoraux tandis que sa queue courte elle aussi, dont il se sert comme gouvernail, lui permet de garder le cap. Grâce à la force du courant, qui le plaque vers le fond, tête baissée et plumage comprimé, l’oiseau amphibie peut alors marcher librement, même à reculons, sur le lit du cours d’eau. Il peut au besoin s’y agripper, grâce à ses longs ongles, afin de retourner les pierres et capturer ses proies. Spectacle surréaliste s’il en est, qui prouve bien qu’une boule de plumes n’a pas besoin d’un scaphandre de plomb…
La remontée à la surface s’effectue naturellement, les ailes à demi-ouvertes. Quand il sort de l’eau, le cincle n’est pour ainsi dire pas mouillé car il prend soin, plusieurs fois par jour, d’étanchéifier sa combinaison de plongée à l’aide de sécrétions huileuses. Celles-ci sont produites par une glande située au-dessus du croupion et qui est chez lui particulièrement développée.

Cincle plongeur qui nage
Cincle plongeur / © Alain Saunier

Poids plume de choc

Les performances de Cinclus ne s’arrêtent pas là. Il peut plonger dans des eaux très froides, même sous la glace, ainsi que dans des rivières en crue aux eaux très boueuses. Il jouit également du redoutable et envié statut de « passe-muraille », qui lui permet de traverser en vol le rideau des chutes d’eau et des cascades, derrière lesquelles il va régulièrement nicher. Comment fait-il, ce poids plume, pour transpercer avec autant de facilité des masses d’eau capables de nous écraser ? Est-ce pour mieux amortir les chocs que la densité des plumes de sa tête est largement supérieure à celle de tous les autres oiseaux ?

la larve à l’œil

Phryganes et gammares, alevins et perles. Le menu du cincle est superprotéiné.

On n’est pas plongeur pour rien ! Le régime alimentaire du cincle est essentiellement constitué d’invertébrés aquatiques, principalement de larves d’insectes : celles de phryganes, éphémères, perles, moucherons de toutes sortes et même dytiques, nèpes et notonectes sont parmi les plus appréciées. Les araignées, les petits mollusques, les gammares, certaines larves d’amphibiens figurent également de temps à autre au menu. Il arrive même qu’il consomme des alevins comme ceux du chabot. Mais les pêcheurs peuvent dormir tranquilles ! Ce n’est pas lui qui va mettre en péril ombres et truites.
Les proies sont le plus souvent capturées sous l’eau, parfois aussi en plein vol. Les invertébrés plus petits qu’un demi-centimètre sont consommés toute l’année, mais quand il y a des jeunes en pleine croissance à nourrir, les cincles s’attaquent à de plus grosses pièces.

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Le cincle, cascadeur des rivières

Couverture de La Salamandre n°166

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 166  Février - Mars 2005, article initialement paru sous le titre "Le passe-muraille"
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