Déclin programmé des murs de pierres - La Salamandre
Cette cabane oubliée avoisine le « Sentier des pierres sèches » de la Marre, situé près de Baume-les-Messieurs. / © Gilbert Hayoz

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Des murs pour la vie

Déclin programmé

Les vieux murs de pierres finissent parfois engloutis par la végétation. Mais aussi, plus brutalement, sous les coups de boutoir des pelles mécaniques.

Auteur

Aino Adriaens



Les vieux murs de pierres finissent parfois engloutis par la végétation. Mais aussi, plus brutalement, sous les coups de boutoir des pelles mécaniques.

L'histoire d'un déclin. « Ce mur-là ? Qui sait à qui il appartient… Sûrement que le grand-père aurait pu vous répondre : il était cantonnier et il en a bichonné, des murets ! » Mais l’aïeul n’est plus là pour témoigner, et il y a belle lurette que plus personne n’entretient le muret. Petit à petit, le temps a fait son office. Un jour, une pierre un peu plus fragile a éclaté sous l’action du gel. Lorsqu’elle est tombée, l’eau a profité de la brèche. Un pan entier s’est affaissé, les plantes ont pris position : des mousses, des herbes, des ronces, du lierre. Puis une aubépine a germé, et même un frêne… Bientôt, le mur disparaîtra sous une haie, magnifique et luxuriante.

Dilemme, dilemme

Deux mots et presque tout est dit. Sur les hauteurs jurassiennes, dans les vignobles et les garrigues du Sud de la France, la nature a souvent repris ses droits. Envoûté par le charme des murs en ruines et l’indiscipline d’une campagne à l’abandon, le naturaliste a bien envie d’applaudir. Mais un sentiment ambigu l’anime. Car il doit admettre qu’en se refermant sous l’avance de la forêt, les paysages défrichés et façonnés par la main de l’homme perdent énormément de leur richesse naturelle.

Faites une nurserie à lézards dans votre jardin
Lézard des murailles / © Michel Gunther / Biosphoto

Avis d’usager

En zones cultivées par contre, ce sont souvent les remembrements agricoles qui ont gommé du paysage les constructions en pierres sèches. Quand les murets n’ont pas été rasés, la pierre a cédé la place aux clôtures électriques ou barbelées, ou encore au béton, plus maniable et moins cher à l’entretien. Là aussi, la nature est perdante. Pour en avoir le cœur net, mettez-vous un instant dans la peau d’un lézard. C’est fait ? Alors, que choisiriez-vous ? Un mur de pierres truffé de cachettes, de plantes et d’insectes, ou un beau mur en béton, bien lisse et tout propre ?

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Couverture de La Salamandre n°181

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 181  Août - Septembre 2007
Catégorie

Biodiversité

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