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Au fil des saisons, ou comment redécouvrir votre sentier préféré…
Novembre, retour des busards au dessus du sentier
Jeudi 16 novembre, départ à 7 h, 4 °C - Au lieu du brouillard annoncé par la météo, un vaste ciel bleu nuit avec un croissant de lune. En route dans l’air vif !
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Le coin de campagne que nous explorons mois après mois a ses habitués. Dans l’herbe argentée de rosée ou de givre, on devine les coulées du chevreuil et du blaireau. Le premier. nous l’apercevons parfois en lisière. Le second, toujours invisible, nous impressionne par la régularité de ses itinéraires que dévoilent quelques empreintes griffues de petit ours.
L’épervier et le renard
Autre compagnon régulier, l’épervier imprévisible. On le localise sur un églantier, à vingt mètres en avant. Et voilà déjà qu’une bombe grise passe au-dessus de nos têtes. Silencieux, furtif, agile, le rapace chasse les passereaux de la haie. Quelles proies guette-t-il déjà de si bon matin ? Les moineaux friquets dorment encore, cachés dans le lierre. Mais des pinsons, des gros-becs et un verdier maraudent déjà.
Verrons-nous le renard dont le parfum sauvage croise si souvent nos pas ? Oui, le voilà qui trotte dans l’herbe derrière la haie, près des vaches. La lune pâlit, toujours plus haute dans le ciel. Le renard réapparaît au bord de l’étang : il en longe la rive, en face de nous, avant de s’évanouir dans le fossé. Et le voilà une troisième fois qui mulote dans les champs.
Le bouleau d’or
Le soleil dissipe les derniers bancs de brume. Ses rayons obliques illuminent la lisière du bois sauvage, font danser ombres et lumières. Il souligne une tache claire à laquelle nous n’avions pas encore prêté attention. Rapprochons-nous !
Le grand bouleau agite ses feuilles jaunes dans le ciel bleu. Depuis longtemps, son écorce racornie n’a plus la finesse et la délicatesse du papier. C’est une vieille peau blanche, grise et noire, épaisse et rugueuse, qui dans la litière humide survivra longtemps à la décomposition de son bois.
En forêt, nous quittons le sentier, explorant le sol couvert de champignons décrépits et d’herbes brunes. Retour à travers champs. « Tu as déjà vu des busards cet automne ?» demande notre dessinateur. Au même instant, un rapace brun passe au ras des labours. Couleur buse, mais ailes étroites et vol agile. Le busard Saint-Martin est de retour. Un bon présage pour décembre.
Fin des tue-mouches
Champignon par excellence dans les livres pour enfants, l’amanite tue-mouche doit son nom fameux à un ancien usage. Diluée dans du lait, elle était autrefois utilisée comme insecticide. Grâce aux réserves accumulées dans son réseau de filaments souterrains, il suffit d’une ou deux nuits humides à ce beau champignon pour déployer son pied et son chapeau. La partie qui sort de terre n’est que son organe reproducteur dont la livrée orangée maculée de blanc nous met en garde. Mieux vaut éviter cette gourmandise hallucinogène et toxique ! Et laisser le tue-mouches disperser en paix sa sporée puis se ratatiner peu à peu en perdant sa couleur.
Rapace surprise
La vie de l’épervier se déroule discrètement. Le petit rapace aux longues serres jaunes vit caché et frappe vite. C’est la surprise qui lui permet le plus souvent de capturer les passereaux dont il fait son ordinaire. L’épervier explore méthodiquement le terrain, longe les haies, file au ras des fossés, se glisse dans le sous-bois pour déboucher brusquement en pleine clairière. Observation exceptionnelle, nous l’avons vu battre des ailes contre les buissons pour faire s’envoler pinsons ou moineaux. Malheur à l’oiseau assoupi, inattentif ou blessé! Transpercé en un éclair, il sera emmené à couvert, plumé sur une souche, puis dévoré.
Ecorce à tout faire
Le bouleau lumineux au feuillage frémissant ne vit pas vieux. A peine un peu plus qu’un homme. Mais il supporte dans le Grand Nord des mois sans jours, puis des mois sans nuits. Son écorce étanche et imputrescible était autrefois façonnée comme une peau de bête en vestes, en guêtres ou en canoës. Certains de ces objets, vieux de plusieurs millénaires, ont été conservés intacts jusqu’à nos jours dans les profondeurs des tourbières. En Russie, on écrivait autrefois sur la face intérieure de ce parchemin bon marché. Certains vieux textes du XIe siècle sont parvenus sous cette forme jusqu’à nous. Conservez au fond de votre sac un fragment de cette écorce claire, car elle brûle même mouillée et pourrait un jour vous rendre un fier service !
Une silhouette dans le ciel ! Un rapace ! Comment savoir si c'est une buse, un milan, un faucon, un épervier ou un autour des palombes ? Découvrez-le avec le Miniguide n°54 : Rapaces diurnes.
Retrouvez tous les articles du dossier : Le sentier des douze matins.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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