3 technologies inspirées des araignées
Le venin, la soie et même le corps des araignées ont inspiré le développement de plusieurs technologies dans différents domaines. Découvrez trois exemples.
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Fixer le CO2 va de soies
Le corps velu des araignées inspire. Celui de l’argyronète a servi de modèle pour une technologie de capture du CO2. Les soies de cette plongeuse repoussent naturellement l’eau et lui permettent de piéger des bulles d’oxygène contre ses pattes et son abdomen afin de respirer en immersion. On parle d’effet plastron. Des scientifiques ont adapté ce principe à un catalyseur en cuivre en l’affublant de petits poils hydrophobes piégeurs de CO2 ! Le gaz à effet de serre ainsi récupéré peut être réutilisé comme carburant ou produit industriel. De quoi limiter l’extraction de nouvelles énergies fossiles. Apprenez-en plus ici.
L’abdomen de l’argyronète est recouvert de soies serrées (A). Au microscope, elles ont un aspect plumeux, avec des barbules qui retiennent l’air (B).
Exploiter le bon filon
La soie d’araignée fait rêver l’industrie depuis longtemps. Les idées foisonnent : parachutes, cordages, gilets pare-balles, chaussures, fils de suture… Mais ces inventions se heurtent à la difficile production massive de soie. Prélèvements directs sur les bestioles ? Déjà testée au XVIIIe siècle, cette technique a ses limites, car les araignées, prédatrices et cannibales, ne s’élèvent pas aisément. Alors que la soie de synthèse déçoit, les espoirs sont mis dans le génie génétique. Les gènes permettant la production de soie ont ainsi été incorporés dans des chèvres, du tabac ou des vers à soie pour qu’ils en produisent. Les résultats sont mitigés. Seules les bactéries et levures OGM en fabriquent aujourd’hui à l’échelle industrielle. Elle est commercialisée comme ingrédient miracle pour des crèmes cosmétiques ou des vernis à ongles. Mais les textiles ultrarésistants et les implants médicaux tant rêvés, ce n’est encore pas pour demain.
La soie d’araignée a déjà été testée avec succès par l’armée américaine pour la fabrication de gilets par-balles.
Soigner le mal par le mal
Le venin d’araignée intéresse beaucoup le monde médical. Une fois leurs principes actifs isolés, transformés ou synthétisés en laboratoire et savamment dosés, ils pourraient soulager certains maux, voire sauver des vies. La recherche biomédicale y voit de potentiels antidouleurs, des médicaments contre l’épilepsie ou encore contre les troubles de l’érection. Prochainement, des essais cliniques mettront à l’épreuve un constituant du venin d’une mygale originaire d’Australie, pour prévenir les dommages cellulaires liés à une crise cardiaque ou à un AVC. Dans un autre registre, des pesticides naturels épargnant les abeilles domestiques sont développés à partir d’un mix surprenant de toxines aranéennes et d’une protéine issue du perce-neige.
L’Université de Sydney tente d’utiliser le venin d’araignée pour lutter contre les insectes ravageurs des cultures.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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