Reproduction animale : Leçon N°8 : Se suffire à soi-même - La Salamandre
Etoile de mer "Comète" / © Age Fotostock / Alamy

Cet article fait partie du dossier

10 rendez-vous, zéro tabou

Leçon N°8 : Se suffire à soi-même

Faut-il forcément être deux pour se reproduire ? Non, certains animaux s’en sortent très bien tout seuls.

Auteur

Nathalie Jollien



Faut-il forcément être deux pour se reproduire ? Non, certains animaux s’en sortent très bien tout seuls.

Au fond de l’océan Atlantique, un bras d’étoile de mer gît sur un corail. Ce cylindre de couleur jaune orangé a l’air flasque et sans vie. A y regarder de plus près, quatre autres membres minuscules lui sont rattachés. Oh, surprise ! Voilà que le drôle d’animal déguerpit sans crier gare. Cette étrangeté de la nature est une jeune comète de mer.

Occasionnellement, cet échinoderme peut perdre l’un de ses membres suite à une capture par un prédateur ou un accident. Mais, l’animal peut les régénérer. Et comme chacun de ses membres contient tous les organes nécessaires à la survie, une étoile de mer indépendante peut se développer, même à partir d’un seul bras. Ce mode de reproduction par fragmentation est dit asexué. Tous les descendants ainsi produits sont des clones.

Parent solo

L’étoile de mer est-elle la seule partisane du no sex ? Loin de là… Certains lézards, crustacés ou insectes comptent parmi les convertis. Chez l’hydre, animal translucide de 15 millimètres apparenté aux méduses et aux coraux, une naissance peut survenir simplement par bourgeonnement. Un nouvel être se développe à partir des cellules de son parent, puis se détache le moment venu pour prendre son indépendance. Du côté du phasme, on pratique également allégrement la parthénogenèse (> ci-dessous). Certaines femelles produisent des ovules fertiles sans aucune fécondation par un spermatozoïde. Et toc, plus besoin des mâles !

Miser sur le clonage

L’activité sexuelle est parfois bien agréable, mais le clonage beaucoup plus efficace. Il permet de se multiplier rapidement, de manière économique et sans prise de tête. Pas besoin de courir après un partenaire, de s’évertuer à lui plaire ou de se battre contre des rivaux. Un pratiquant de la reproduction asexuée se suffit à lui-même !

Cette stratégie a cependant un hic : elle ne permet aucun brassage génétique générateur de diversité au fil des générations. Ce petit rien est précisément ce qui fait tout l’intérêt de la reproduction sexuée. La diversité des individus au sein d’une espèce, c’est une véritable assurance à long terme qui permet de réagir à toutes les surprises de la vie.

Le sexe, c’est coûteux et compliqué. Mais le clonage, c’est le risque de ne plus évoluer. L’idéal en somme, ce serait peut-être de combiner les deux stratégies comme le font, par exemple, les pucerons.

Reproduction animale : Leçon N°8 : Se suffire à soi-même - La Salamandre
Etoile de mer "Comète" / © Age Fotostock / Alamy

Star de mer

Les étoiles de mer (> ci-contre) ont habituellement cinq bras, parfois six, sept, voire cinquante. Celle-ci en a cinq dont un beaucoup plus grand que les autres.

* Parthénogenèse

Nom féminin

Mode de reproduction sans l’intervention d’un mâle. On en connaît trois types différents :

  • En cas de parthénogenèse thélytoque, l’ovule non fécondé se développe et devient un individu femelle. C’est le cas chez certains pucerons, phasmes et lézards.
  • A l’inverse, l’arrhénotoque produit uniquement des mâles. Dans ce cas, il y a formation de femelles en cas de fécondation. C’est donc une parthénogenèse facultative: l’espèce possède des individus des deux sexes comme chez les abeilles ou les fourmis.
  • Dans la forme deutérotoque, il y a des périodes de production de femelles, puis de mâles, de manière cyclique. Certains pucerons varient ainsi les genres.
Reproduction animale : Leçon N°8 : Se suffire à soi-même - La Salamandre
Puceron adulte et jeunes. / © Wildlife GmbH / Alamy

Pourquoi le coussin de belle-mère, une étoile de mer invasive, prolifère au large de l’Australie ?

A - Cet échinoderme est toxique pour l’homme. Une association locale l’a favorisé comme solution contre les belles-mères.

B - On les coupait souvent en deux afin de les éliminer, alors que cette pratique produit l’effet contraire et favorise leur multiplication.

C - Un bras de coussin de belle-mère ne se régénère pas en deux, mais en trois étoiles de mer distinctes.

Chargement

B

Pour en apprendre plus sur le cycle de vie extraordinaire du puceron, lisez notre article.

Finie la rengaine de l’instinct sexuel et de l’obsédant objectif de transmission des gènes. Selon la Leçon N°9 : Juste prendre son pied, l'animal copule aussi pour créer du lien social et même pour le plaisir.

Cet article fait partie du dossier

10 rendez-vous, zéro tabou

Couverture de La Salamandre n°242

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 242  Octobre - Novembre 2017
Catégorie

Biodiversité

Ces produits pourraient vous intéresser

Le guide nature Les petites bêtes

17.00 €

Tous dehors ! en bord de mer

19.00 €

La nature en question – L’univers infini des planètes… et des étoiles

12.90 €

Le comportement des oiseaux d’Europe

49.00 €

Découvrir tous nos produits

Poursuivez votre découverte

La Salamandre c’est des revues pour toute la famille

Découvrir la revue

Plongez au coeur d'une nature insolite près de chez vous

8-12
ans
Découvrir le magazine

Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature

4-7
ans
Découvrir le magazine

Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique