Quand les minioptères hibernent
Essaim mixte de murins et minioptères. / © Wild Wonders of Europe / Dietmar Nill

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Ni chauves ni souris

Rester dormir…

Le froid a fait disparaître les insectes. Les reines de la nuit peuvent ranger leurs ailes, leurs canines et leurs oreilles. Au programme, jeûne et sommeil profond pour les minioptères.

Auteur

Jean-Philippe Paul



Le froid a fait disparaître les insectes. Les reines de la nuit peuvent ranger leurs ailes, leurs canines et leurs oreilles. Au programme, jeûne et sommeil profond pour les minioptères.

Fin décembre dans la Drôme, au sud-ouest de Die. En surface, Noël blanc, - 2°C. En sous-sol, Noël noir, 7°C. Le plafond de la grotte est couvert d'un essaim sombre et velu qui ressemble à une immense peau murale. Onze mille minioptères de Schreibers sur six mètres carrés seulement ! Comme si chaque chauve-souris avait voulu se fondre dans son voisin au moment du coup de froid. Pas de doute, elles se serrent pour se tenir chaud.
Les bêtes sont là depuis début décembre et resteront jusqu'à fin février. La plupart ont fait du chemin pour rejoindre ce site d'hibernation exceptionnel. D'autres se sont reproduites sur place. Chez les minioptères, on se réunit en très grand nombre pour l'hiver et on aime la tranquillité. La grotte est fraîche, sa température et sa forte hygrométrie sont stables. Idéal pour un grand sommeil.
Pour l'instant, les animaux puisent dans leurs réserves en réduisant leur activité au strict minimum. La graisse brune accumulée tout l'automne vers leur nuque est une véritable centrale thermique.
C'est que leur survie ne tient qu'à un fil. Alors, comme toutes les chauves-souris, les femelles minioptères ne portent pas leur bébé pendant cette période critique. Ce serait trop coûteux en énergie. Le sperme reçu à l'automne est conservé dans l'utérus. Et l'ovulation, la fécondation et la gestation sont prudemment reportées au printemps.
Depuis qu'une grille limite l'entrée de visiteurs dans cette cavité, les risques de réveil intempestif ont diminué. Alors, chuuut et bonne nuit.

Quand les minioptères hibernent
Grand murin / © Yves Bilat

Sonnez les matines

Pour se réveiller, il faut d'abord stimuler les battements de cœur et la respiration. Les vaisseaux sanguins irriguent le haut du corps (qui est en bas) et la combustion de graisse réchauffe le sang. Quand la température corporelle atteint 15°C, des tremblements réactivent toute la musculature. De la léthargie profonde à l'envol, le réveil d'un grand murin peut prendre 50 minutes.

Quand les minioptères hibernent
Grand murin / © Yves Bilat

 Pause boisson

Pour se réhydrater, beaucoup de chauves-souris doivent se réveiller toutes les trois semaines environ, comme le grand murin.

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Ni chauves ni souris

Couverture de La Salamandre n°230

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 230  Octobre - Novembre 2015
Catégorie

Biodiversité

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