Photo de sous-bois avec bois mort
Le bois mort est rempli de vies ! / © Bernard Boisson

Cet article fait partie du dossier

La forêt des pics

Plaidoyer pour des forêts sacrées

Oui à des sanctuaires forestiers, à des arbres soustraits à toute exploitation. Oui aux forêts naturelles ! Pour la nature, mais aussi pour nous !

Auteur

Julien Perrot



Oui à des sanctuaires forestiers, à des arbres soustraits à toute exploitation. Oui aux forêts naturelles ! Pour la nature, mais aussi pour nous !

On fait volontiers la leçon aux lointains pays du Sud qui détruisent leurs forêts vierges, qui précipitent la disparition du jaguar ou de l’orang-outan. Mais que reste-t-il de l’ancienne forêt tempérée qui recouvrait l’Europe ? De ses arbres gigantesques ? De ses pics à dos blanc ? De ses champignons colorés ? De ses bisons ? De ses aurochs ?

Le vert primordial

Cette forêt primordiale s’est évanouie comme un vieux rêve. D’ailleurs, a-t-elle jamais existé ? Oui ! Quelques-uns de ses lambeaux en témoignent encore dans les Balkans ou en Pologne. En Europe occidentale, des pentes inexploitées, comme à Derborence par exemple, ou une poignée de réserves forestières intégrales – la plus ancienne à Barbizon, en forêt de Fontainebleau – perpétuent par bribes le caractère singulier de cet océan disparu.

Chacune de ces forêts rescapées, ou restaurées par des décennies d’abandon, est un haut lieu de diversité biologique. Les arbres y vivent leur cycle complet. Leur substance est restituée aux générations futures à travers une multitude d’insectes et de champignons. Mais ce n’est pas tout. Contempler l’un de ces sanctuaires peut nous offrir des sensations profondes, durables, impensables dans nos villes, dans nos campagnes et même dans nos forêts exploitées.

Face à nous-mêmes

La forêt primordiale nous transporte en un temps ancien, avant la mainmise de l’homme sur la nature. Il peut suffire de quelques vieux arbres rescapés pour vivre ce voyage vertigineux. Comme l’a écrit le photographe Bernard Boisson, « cette forêt sans l’homme réveille notre humain intérieur » . Les troncs tortueux déconnectent notre mental, ils nous entraînent dans un univers intemporel, sauvage, accueillant mais aussi parfois inquiétant. Ils nous ramènent à notre enfance, aux tréfonds de la vie, ils nous offrent un ailleurs qui nous grandit.

L’homme moderne est allé très loin dans la domestication de la nature. Dans sa destruction, aussi. Peut-être avons-nous besoin de tels retours aux sources pour devenir un peu plus sages.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Des forêts sacrées…"

Cet article fait partie du dossier

La forêt des pics

Couverture de La Salamandre n°191

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 191  Avril - Mai 2009
Catégorie

Photos

Ces produits pourraient vous intéresser

Le guide nature Les petites bêtes

17.00 €

Tous dehors ! en bord de mer

19.00 €

La nature en question – L’univers infini des planètes… et des étoiles

12.90 €

Le comportement des oiseaux d’Europe

49.00 €

Découvrir tous nos produits

Poursuivez votre découverte

La Salamandre c’est des revues pour toute la famille

Découvrir la revue

Plongez au coeur d'une nature insolite près de chez vous

8-12
ans
Découvrir le magazine

Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature

4-7
ans
Découvrir le magazine

Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique