Cet article fait partie du dossier

Le cincle, cascadeur des rivières

La parade nuptiale des cincles plongeurs

De pierres en pierres, de berges en ponts, mâles et femelles alternent trilles et poursuites : chez les cincles, février est le mois d’aimer.

Couple de cincle plongeur
Une proie au bec, le mâle surexcité se dresse sur ses pattes et bat des ailes. La femelle réplique en pointant tout son corps à la verticale. / © Daniel Magnin

Monsieur, depuis quelques semaines déjà, a commencé par inspecter les lieux. A vrai dire, à force de les fréquenter toute l’année, il les connaît par cœur. Il en sait tous les recoins, les cascades et les barrages, les pierres et les ponts, les berges tranquilles et les zones interdites.
Et comme le cincle est un fidèle parmi les fidèles, il sait surtout où se trouvent ses anciens nids. Il entreprend alors de rafistoler celui qui lui paraît le mieux placé, en fonction des conditions du moment, en particulier du niveau d’eau. Mais qu’il vienne à geler et le maçon arrête son ouvrage.

Salutations courtoises

Madame cincle n’est jamais bien loin. Plusieurs fois par jour les deux partenaires se croisent, se saluent en trilles sonores d’une rive à l’autre, de l’un à l’autre. Lui est d’abord préoccupé par la surveillance de son territoire. Du matin au soir, il y effectue des rondes, pour empêcher l’arrivée d’un nouveau mâle et attirer peut-être une femelle.
C’est elle en effet qui va choisir son partenaire en fonction de l’attractivité du nid que celui-ci saura lui proposer. Trois critères semblent déterminer ce choix : l’emplacement de l’édifice, qui doit être le plus possible à l’abri des prédateurs, la nourriture disponible à proximité et enfin la présence de rives buissonnantes où elle pourra se dissimuler. Si le site ne lui convient pas, elle ira voir ailleurs et une autre, moins expérimentée peut-être, prendra sa place. Ainsi va l’envie…
Cette période de réflexion peut s’étaler sur plusieurs semaines, de janvier à mars selon la température, le niveau d’eau et les ressources alimentaires. Les périodes de grand froid et de crues ralentiront la nidification, celles de douceur et de pluies modérées l’accéléreront.

Couple vibrant

Quand le couple est constitué, les deux partenaires concrétisent leur union lors de manifestations amoureuses dynamiques et spectaculaires. Les poursuites se succèdent le long de la rivière, entrecoupées de babils et de chants. Les partenaires se rejoignent, se font face.
Le mâle, dressé sur ses pattes, bombe le torse, pointe le bec vers le ciel, ailes baissées et queue rabattue. La femelle l’imite et tous deux se saluent, s’agitent en courbettes, se lancent en révérences, en vibrant des ailes, dans la plus intense excitation. Parfois même se disputent et se battent. Puis se réconcilient. Ainsi va la vie !

Découvrez la suite du dossier sur le cincle plongeur.

Couverture de La Salamandre n°166

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 166  Février - Mars 2005, article initialement paru sous le titre "Au choix des dames"
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