Grillon

Comment les sauterelles chantent-elles ?

Chez les longues antennes, c’est le mâle qui joue la musique dans la plupart des cas. Il frotte habilement ses deux ailes l’une contre l’autre pour faire sa sérénade.

Chez les longues antennes, c’est le mâle qui joue la musique dans la plupart des cas. Il frotte habilement ses deux ailes l’une contre l’autre pour faire sa sérénade.

Le grattoir

Le secret du chant des sauterelles, nous allons devoir le chercher sur leurs ailes. Les ailes arrière sont membraneuses. De construction classique, elles assurent le vol en prolongeant à volonté les sauts. Les ailes antérieures en revanche, appelées élytres, sont coriaces et parfois très courtes. Ce sont elles qui forment l’instrument de musique. Voyons cela de plus près.
L’élytre gauche recouvre partiellement le droit. Il est muni à sa face inférieure d’une rangée de petites dents très dures. L’élytre droit pour sa part est renforcé à cet endroit par des nervures saillantes qui forment ce qu’on appelle un grattoir. Le frottement à haute fréquence des deux élytres, et donc de la scie musicale sur le grattoir, produit un son puissamment amplifié par une membrane circulaire tendue : le miroir.
Certaines sauterelles comme l’éphippigère des vignes atteignent ainsi un volume sonore de 95 dB.
C’est le bruit produit par une tondeuse à gazon à un mètre ! On comprend que ces signaux puissants soient capables d’attirer des femelles à plusieurs dizaines de mètres de distance…
Ce sont les limites de notre propre oreille - elle est insensible à l’essentiel de ces chants suraigus - qui rendent la symphonie des sauterelles si ténue… et même complètement inaudible pour certains d’entre nous.
Si vous avez la chance d’entendre distinctement le conocéphale gracieux ou la decticelle bariolée, profitez-en, car cela ne durera pas : le vieillissement des cils sensoriels de nos oreilles est en effet inéluctable et altère fortement notre perception des aigus…

Chez les sauterelles, on écoute par les pattes : c’est par deux fentes situées sur les tibias que le son atteint une paire de tympans logés dans l’épaisseur de la patte avant. / © Jérôme Gremaud Une râpe dentée sous un élytre associée à un grattoir sur l’autre élytre. Tel est l’instrument de musique utilisé par les sauterelles. / © Jérôme Gremaud Voici les dents stridulatoires de la decticelle chagrinée agrandies au microscope électronique. / © Jean Wuest

La harpe et le miroir

comment les grillons chantent
Grillon / © Jérôme Gremaud

Pour chanter, les grillons mâles dressent presque à la verticale leurs deux ailes frémissantes. Pour le reste, ils utilisent le même instrument que les sauterelles… mais c’est l’élytre droit qui recouvre le gauche, et non l’inverse. Au miroir situé sur les deux ailes s’ajoute une zone triangulaire élégamment baptisée harpe et qui, entrant en résonance, joue un rôle important dans l’amplification du son.

L’amplificateur

comment les Courtillières chantent
Courtillière / © Jérôme Gremaud

Chez la courtilière, en plus du miroir et de l’archet, le chant est encore amplifié d’une manière étonnante : c’est le terrier construit par cet insecte qui sert tout entier de caisse de résonance. Sa géométrie aux propriétés acoustiques hors du commun permet à l’insecte de se placer tête vers l’intérieur dans un élargissement de la galerie, tandis que ses élytres frémissants sont situés tout près d’une bifurcation donnant sur deux voies de sortie. Des scientifiques ont calculé que le rendement de ce système amplificateur souterrain est plus élevé que celui de nos meilleurs haut-parleurs.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Ailes contre ailes"

Cet article fait partie du dossier

Criquets, sauterelles et grillons, quand l’herbe chante…

Couverture de La Salamandre n°163

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 163  Août - Septembre 2004, article initialement paru sous le titre "Ailes contre ailes"
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Dessins Nature

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