Comment les vers de terre creusent-ils leurs trous ?

Les vers de terre sont connus pour leurs galeries qui aèrent le sol. L'écologue Sarah Guillocheau nous dévoile la vie des lombrics.

Comment les vers de terre creusent-ils leurs trous ?
Appelés turricules, ces tortillons de terre sont les crottes des lombrics. / © Stephen Dalton / NaturePL.fr
Sarah Guillocheau Ingénieure indépendante spécialisée dans l’écologie des vers de terre, basée en Bretagne.
La réponse de Sarah Guillocheau Ingénieure indépendante spécialisée dans l’écologie des vers de terre, basée en Bretagne.

Principalement en mangeant la terre. Ils détachent des petits morceaux de sol grâce aux muscles puissants de leur bouche située à l’avant du corps. Cette matière est ensuite broyée lors de son passage dans le pharynx, puis dans le gésier. Après digestion, les crottes sont déposées directement dans les galeries ou à la surface. Pour progresser plus facilement dans leurs tunnels, les lombrics ont une peau enduite d’un mucus glissant. Plus surprenant, ils possèdent aussi des poils ! Ces soies, courtes et raides, leur permettent de s’accrocher fermement aux parois de leur trou. Bien utile quand un prédateur essaie de les en déloger.

Creusent-ils tous de la même façon ?

Non. En Europe, il y a plusieurs centaines d’espèces, réparties en trois groupes aux mœurs bien différentes. Les vers épigés vivent à la surface, dans les feuilles mortes et autres débris végétaux. Pour eux, pas besoin de galeries. Les endogés occupent les vingt premiers centimètres du sol, où ils évoluent dans des tunnels horizontaux à usage unique qu’ils comblent progressivement avec leurs excréments. Enfin, les anéciques forent des cavités verticales qui peuvent descendre à plusieurs mètres de profondeur et qu’ils entretiennent soigneusement. Le lombric commun, le plus connu, fait partie de cette catégorie.

Ces animaux sont-ils présents partout ?

Presque. Ils ont avant tout besoin d’humidité et de matière en décomposition. Ainsi, ils n’aiment pas les régions trop sableuses, souvent sèches et pauvres en nourriture. Idem pour les terrains trop compactés, difficiles à creuser. En revanche, ils adorent les prairies non labourées et les pâturages extensifs. Dans les endroits les plus favorables, on peut en trouver plus de 1 000 par mètre carré, toutes espèces confondues.

On dit qu’ils sont bons pour les sols...

Oui, en consommant de la terre et des débris végétaux, les lombrics participent à la fragmentation et à la digestion de la matière organique, processus indispensable à sa décomposition. Ils contribuent ainsi à la fertilité du sol. De plus, leurs galeries permettent à l’eau et à l’air de mieux circuler en profondeur. Ces cavités servent également de lieu de vie à une foule d’invertébrés et sont rapidement colonisées par les racines des plantes.

*Matière organique

nom f. Toute matière issue d’un être vivant ou de sa décomposition : chair, feuilles, poils, excréments, humus… Elle est consommée et digérée par une multitude d’animaux, de champignons et de micro-organismes qui la désagrègent et changent sa structure chimique. Ce processus la transforme en substances assimilables par les végétaux.

Découvrez les réponses à vos questions dans notre rubrique FAQ Nature.

Couverture de La Salamandre n°268

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 268  Février - Mars 2022
Catégorie

FAQ nature

Ces produits pourraient vous intéresser

Une vie pour la nature

19.90 €

Agir pour la nature – Balcons et terrasses

19.90 €

Le grand livre de la nature

69.00 €

Les plantes sauvages

49.00 €

Découvrir tous nos produits

Poursuivez votre découverte

Dernières revues
Dernières revues

Revue Salamandre n° 268 – Lièvre, sentinelle des campagnes

Oreilles dressées et museau au vent, le lièvre est en alerte. Ses paysages favoris et ses compagnons disparaissent petit à petit.

Photos
Photos
Abonnés

A la rencontre du grand capricorne avec Laurent Tillon

A la nuit tombée, un insecte géant pointe ses longues antennes à côté du chêne qui l’a vu naître. Comment le grand capricorne et son arbre fétiche traverseront-ils les bouleversements qui s’annoncent ? Eclairages du biologiste et ...

FAQ nature
FAQ nature

12 questions sur les hérissons

Philippe Jourde, passionné de hérissons et coordinateur de Faune-France au service Connaissance de la LPO répond à vos interrogations sur le hérisson.

Nos 3 revues

Revue Salamandre

Plongez au coeur d'une nature insolite près de chez vous

Découvrir la revue
8-12
ans

Salamandre Junior (8 - 12 ans)

Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature

Découvrir le magazine
4-7
ans

Petite Salamandre (4 - 7 ans)

Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique

Découvrir le magazine

La Salamandre est un éditeur indépendant et sans but lucratif entièrement dédié à une cause essentielle : faire aimer la nature. Partez à la rencontre d'animaux petits et grands ou de plantes incroyables qui vivent tout près de chez vous.

Salamandre newsletter
Nos images sont protégées par un copyright,
merci de ne pas les utiliser sans l'accord de l'auteur