D’où le bouquetin tient-il son équilibre ?
Capable de marcher à travers des pentes rocheuses presque verticales, le bouquetin défie la loi de la gravité. Comment fait-il ?
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A l’approche d’un randonneur ou d’un prédateur, un gros bouc peut gravir 50 m de falaise en quelques secondes… apparemment sans le moindre effort. Malgré sa taille imposante, l’athlète est doué d’une fascinante agilité. Ses pas s’enchaînent sans hésitation. On dirait qu’ils se collent les uns après les autres aux dalles lisses et mouillées.
La nature a équipé le bouquetin d’un bijou de cordonnerie. Ses sabots fonctionnent à la fois comme une pince qui s’agrippe à toute aspérité et comme une ventouse antidérapante et hypertactile. Sur des terrains très irréguliers, les deux doigts du sabot s’écartent pour épouser parfaitement le relief. Adhérence totale assurée jusqu’à des pentes de plus de 80°.
Le bouquetin est également doué d’un très bon sens de l’orientation. Il est capable de mémoriser ses itinéraires habituels, ce qui rend ses pas encore plus réguliers et sûrs. En revanche, ce symbole de la haute montagne est très mal équipé pour déambuler dans la neige. Avec son corps lourd et ses pattes courtes dépourvues de membrane entre les doigts, point d’effet raquettes : il s’enfonce dans la poudreuse où il est très vulnérable. De même, ses déplacements sont limités sur la glace, où ses coussinets ont peu de prise. Pour compenser ces handicaps, l’animal se tient le plus souvent possible sur du rocher ou des secteurs ventés où la neige ne peut pas s’accumuler.
Mur d’escalade
Tout près du Cervin, les bouquetins italiens de la Valle Antrona jouent les acrobates pour un peu de salpêtre. Femelles et jeunes grimpent quasi à la verticale sur le barrage du lac de Cingino pour lécher ce sel composé de potassium et de nitrates. Les irrégularités des pierres composant l’ouvrage hydraulique suffisent pour leur permettre d’escalader le mur à des dizaines de mètres de hauteur. Boucs à cornes massives s’abstenir.
Frein d’urgence
L’absence de membrane entre les deux ongles du sabot permet au bouquetin d’écarter très fortement ses deux doigts. En cas de besoin, il peut aussi prendre appui sur ses ergots. Ces deux vestiges de doigts situés des deux côtés de la patte servent d’amortisseur après un saut ou de frein d’urgence en cas de glissage incontrôlée.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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