Sols en rémission

Elisabeth Graf Pannatier, spécialiste du sol nous explique comment les sols réagissent aux pluies acides.

Elisabeth Graf Pannatier, spécialiste du sol nous explique comment les sols réagissent aux pluies acides.

Comment le sol des forêts réagit après une pluie aicde ? - La Salamandre
Elisabeth Graf Pannatier Experte lausannoise au sein du programme de recherches à long terme sur les écosystèmes forestiers mené par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL).

Avec des scientifiques de dix pays, vous avez étudié l’effet sur les sols forestiers des mesures prises contre les pluies acides. Qu’avez-vous découvert ?

Vers 1980, les pluies acides provoquées par d’importantes émissions de soufre et d’azote ont accéléré l’acidification des sols forestiers. L’Europe a pris des mesures. Dès 1990, les émissions de soufre résultant de la combustion d’énergies fossiles et déposées dans la nature sous forme de sulfates dans les pluies ont baissé. Nous avons constaté que l’assainissement de l’air a aussi permis de réduire les sulfates dans l’eau des sols forestiers.

Les forêts se portent-elles mieux ?

C’est positif, car les sulfates appauvrissaient les sols en provoquant le lessivage des réserves de nutriments nécessaires aux arbres, comme le calcium. Aujourd’hui, la terre peut mieux conserver ces minéraux. Le hic, c’est que les sols à forte capacité d’absorption ont accumulé du soufre durant des décennies et le relâchent aujourd’hui, ce qui provoque de nouvelles pertes de nutriments.

Les taux d’azote ont-ils aussi baissé dans les sols ?

Les émissions d’azote, principalement dues à l’agriculture, sont toujours élevées. Ces dépôts peuvent perturber l’équilibre nutritionnel des végétaux. Un surplus de fertilisant fera croître rapidement un arbre, mais il peut ensuite manquer de phosphore pour soutenir cette croissance.

Comment le sol des forêts réagit après une pluie aicde ? - La Salamandre
© Ambroise Héritier

Il y a donc encore des progrès à faire…

Oui. Même si beaucoup d’efforts ont déjà été réalisés, cela va prendre du temps. Il est important que notre réseau de scientifiques européens continue à surveiller la composition chimique de l’eau des sols à intervalles réguliers avec des méthodes similaires, ce qui nous permet de comparer nos résultats à l’échelle du continent.

Une association Blaireau et sauvage dans les Vosges.

Couverture de La Salamandre n°247

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 247  août - septembre 2018
Catégorie

Sciences

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