Comment les animaux prennent-ils soin de leur fourrure ?
La vie des velus n'est pas une sinécure. Il faut soigner, lisser, nettoyer toisons et fourrure. Quand ce ne sont pas les puces, poux et tiques, ce sont les trappeurs qui en veulent à leur peau.
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Le chat passe sa patte derrière l'oreille, la lèche et la relèche, puis se toilette du museau jusqu'au bout de la queue. Le castor se peigne inlassablement avec ses pattes avant. Après avoir nagé, les loutres consacrent jusqu'à un tiers de leur temps à se nettoyer. Si ces animaux s'astiquent ainsi, c'est parce que l'état de leur fourrure est vital. Pour commencer, ils comptent sur les capacités isolantes de leur pelisse. Le léchage des poils permet aussi de se procurer la vitamine D dont les mammifères ont besoin. Cet élément essentiel est produit au niveau de la peau stimulée par le rayonnement solaire. La vitamine passe dans la protection huileuse des poils et sera ingérée lors du nettoyage.
Forêts touffues
La jungle des fourrures offre un habitat de qualité à une faune minuscule. Les tiques qui s'agrippaient jadis à la peau des reptiles ont vite rejoint celle des mammifères. De nouveaux colons les ont retrouvées dans cette niche confortable. Au cours de l'évolution, certains insectes sont passés d'un mode de vie libre à l'abri climatisé des pelages et des plumages. L'original petit coléoptère Platypsyllus castoris s'est carrément spécialisé dans la fourrure des castors. Il y consomme les restes de peau morte et de poils et se rend utile en faisant la chasse aux acariens.
La plupart des squatters ont des mœurs peu pacifiques : ils s'attaquent volontiers aux poils et à la peau de leurs victimes. Les plus connus et les plus répandus sont les poux et les puces, qui représentent trois insectes parasites sur quatre. Les mammifères tentent différentes ripostes à leurs morsures et démangeaisons. Cela va de la lutte mécanique, en utilisant griffes et dents comme des peignes ou en se grattant sur divers supports, à la lutte chimique par l'usage de salive, d'eau, de boue, voire de plantes odorantes.
Gagnants au grattage
Mais comment s'y prendre si la zone de pelage parasitée est hors d'atteinte ? Bien des bêtes et des hommes confient une parcelle de poils aux soins d'un congénère amical. Positionnés tête-bêche, chevaux et cerfs se mordillent l'échine. Certains scientifiques ont émis l'hypothèse que la présence de parasites a favorisé l'apparition d'organisations sociales. Ils ont notamment observé l'organisation des sociétés de blaireaux. Ces mammifères consacrent une part importante de leur temps à l'épouillage réciproque, ce qui leur permet de réduire considérablement leur fardeau de parasites.
Facteur de bien-être, l'entretien mutuel des pelages renforce les liens entre individus. Le toilettage réciproque se pratique d'ailleurs indépendamment de la présence de parasites ou de saletés. Chez les singes, ce comportement joue un rôle considérable dans les relations hiérarchiques, la résolution des conflits et la sollicitation de relations sexuelles. Chez l'humain, même si l'expression « se chercher des poux » n'a rien de pacifique, l'épouillage a longtemps fait partie des gestes de tendresse.
Plutôt en fourrure qu'à poil ?
Dépourvu lui-même de fourrure, l'homme utilise celle d'autres animaux dont il apprécie la chaleur, la douceur ou l'esthétique. Plusieurs espèces ont payé ou payent encore un lourd tribut au commerce et au trafic de peaux, même si les produits synthétiques se sont en partie substitués aux fourrures naturelles.
Le castor d'Europe, dont le poil doux et dense était très recherché, faillit s'éteindre au XVIIe siècle. Ironie du sort, il ne doit son salut qu'à l'arrivée sur le marché des peaux de castor canadien. L'hermine était pourchassée pour sa fourrure d'hiver dont on ornait les habits royaux et les robes de magistrats. Si 85% des animaux à fourrure proviennent actuellement d'élevage, 8 millions d'individus continuent à être piégés chaque année dans la nature.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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