Le déclin du pic à dos blanc révèle le mauvais états de nos forêts
Autrefois répandu dans toute l’Europe, le pic à dos blanc est devenu d’une extrême rareté. Son déclin nous met sur la piste de ce qui ne tourne plus rond dans nos forêts.
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Pour l’essentiel, on dirait un pic épeiche un peu plus long de corps, de queue comme de bec. Mais quelques détails confirment l’identité d’un nouvel oiseau : ailes striées, dos blanc, calotte rouge étendue. En fait, la différence fondamentale entre le premier et le dernier pic de notre série tient à leurs mœurs. Autant l’épeiche, polyvalent adaptable, abonde dans toute l’Europe, autant son cousin pic à dos blanc est-il devenu très rare du fait de ses exigences particulières.
A l’ouest, point de salut ?
Sur une carte de répartition, la trame du pic à dos blanc est serrée en Hongrie, en Roumanie ou dans les pays Baltes. Mais elle s’effiloche vers l’ouest avec une présence dispersée dans les Alpes autrichiennes, un îlot minuscule dans les Apennins et, enfin, une population complètement isolée dans les Pyrénées. D’un côté du continent, l’oiseau vit volontiers en plaine, de l’autre, il ne subsiste qu’au flanc de quelques montagnes reculées. Bizarre, bizarre...
Voici l’explication : ce pic bigarré est spécialisé sur les larves de grands coléoptères qui se développent dans le bois mort. Il faut des forêts vierges ou presque inexploitées sur des surfaces étendues pour assurer une nourriture suffisante à ce bel et grand oiseau. La raréfaction de ces insectes en Europe occidentale l’a relégué aux terrains les plus difficiles d’accès.
En France, après avoir disparu notamment des Vosges et de la Chartreuse, l’oiseau ne subsiste plus que dans les Pyrénées, essentiellement dans le Béarn et les Pyrénées-Atlantiques. L’étude de cette ultime population a confirmé l’exceptionnelle précocité de l’élevage des jeunes chez ce pic ainsi que son goût marqué pour les feuillus, y compris dans le choix de l’arbre qui abrite son nid.
Recherche vieux feuillus
En Suisse, le pic à dos blanc était considéré comme disparu. Mais une amélioration de la situation en Autriche a permis à quelques couples isolés de nicher à nouveau depuis 1999 dans les Grisons et à Saint-Gall, toujours dans de rares massifs trop pentus pour être exploités. Malheureusement, pendant cette heureuse quoique modeste reconquête, l’effondrement des effectifs se poursuit en Scandinavie avec la destruction de la grande forêt boréale.
En fait, si l’on troque les feuillus pour des résineux, le destin du pic à dos blanc rappelle étrangement celui du pic tridactyle. Ces deux oiseaux ont besoin de très grandes quantités de bois sec. Or c’est justement là, comme on va le voir, que le bât blesse.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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