La migration exceptionnelle des mésanges
Quand la nourriture vient à manquer, les mésanges en surnombre entament une migration exceptionnelle. / © Denis Clavreul

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Mésange mi-démon

La migration exceptionnelle des mésanges

Quand la disette guette, les mésanges charbonnières s’envolent parfois par milliers pour une exceptionnelle migration.

Auteur

Fleur Daugey



Quand la disette guette, les mésanges charbonnières s’envolent parfois par milliers pour une exceptionnelle migration.

« Une multitude d’oiseaux bruissaient de buisson en buisson comme des nuées de criquets » , se souvient Michel Antoniazza, collaborateur scientifique à la Réserve naturelle de la Grande Cariçaie. Lors de plusieurs campagnes de baguage dans les cols alpins, cet ornithologue expérimenté a été témoin des impressionnantes invasions de mésanges.

Du nord et de l’est de l’Europe, c’est par milliers qu’elles franchissent les cols alpins pour rejoindre le sud de la France ou l’Italie du Nord. Ce phénomène de migration partielle est des plus spectaculaires à observer. Les mésanges ne volent pas haut au-dessus des crêtes comme les rapaces ou les grues. Elles franchissent les cols en rase-mottes et progressent entre les arbres. Les charbonnières se mêlent aux mésanges bleues et noires qui entreprennent le même voyage. Chaque groupe compte entre 300 et 400 oiseaux qui se succèdent par vagues.

La migration exceptionnelle des mésanges
Durant leur migration, les mésanges charbonnières franchissent les cols alpins et se ravitaillent en route, ici sur un épicéa. / © Denis Clavreul

Vol sans retour ?

« En marge de ces envols subits et spectaculaires, il semble que de plus petits groupes migrent sans qu’on s’en rende compte » , observe Michel Antoniazza. Le Vaudois ouvre ses grands cahiers jaunis où s’alignent les noms de centaines d’oiseaux bagués, année après année. A la suite de plusieurs invasions observées dans les Alpes, ce passionné a décidé de poser des filets chez lui, à la mangeoire. Chaque jour, les charbonnières capturées et baguées la veille étaient déjà reparties et de nouvelles se faisaient prendre. Il a mis en évidence de mini-vagues migratoires d’oiseaux qui ne faisaient que passer dans son jardin et voyageaient ainsi de proche en proche.

De tels départs sont malheureusement sans retour. Les mésanges voyageuses ne reviennent pas au printemps suivant. Difficile de dire ce qu’il advient d’elles. Peut-être que certaines s’établissent dans le sud. Mais il est probable que beaucoup périssent, après avoir vécu l’expédition de leur vie.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Le péril de l’exil"

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Couverture de La Salamandre n°196

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 196  Février - Mars 2010
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Dessins Nature

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