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Option réintroduction

En Alsace, ils cultivent le retour du hamster commun

Le hamster est un animal sauvage. Lorsqu’il est en cage, c’est pour mieux en sortir. C’est ce qui se passe en plaine d’Alsace, où l’emblématique rongeur est réintroduit dans les champs cultivés qu’il affectionne.

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© Erni / Adobe Stock

Sous-sol

Le hamster commun vit dans les plaines agricoles au sol meuble. Celui qui était surnommé la marmotte de Strasbourg vit 95 % de son temps dans ses galeries sous terre. Les terriers d’été, sommaires, se situent à environ 50 cm de profondeur. Ceux d’hiver, complexes, s’enfoncent à 1,5 m sous terre.

Hamster dans son terrier, dont le diamètre mesure généralement 8 cm. / © Sylvain Cordier / Biosphoto

Indigestion de pop-corn

Le maïs destiné à nourrir le bétail occupe 40 % de la surface agricole disponible en Alsace. Cette monoculture intensive a réduit drastiquement l’habitat préféré du mammifère : champs de luzerne, trèfle, orge, épeautre, seigle ou blé.

Peau de chagrin

La France est, avec la Flandre, la limite ouest de la répartition mondiale du hamster commun, qui s’étend sur toute l’Eurasie. Historiquement absent de Suisse, il est limité à l’Alsace en France. De nuisible empoisonné et pourchassé, le rongeur est passé à espèce rare, menacée et confinée à trois zones isolées de la plaine alsacienne.

Renforcement

Le relâcher annuel d’environ 500 hamsters, élevés en captivité par l’association Sauve­garde faune sauvage, dans les zones de protection spéciale, fait partie intégrante des mesures de conservation de l’espèce. Il faudrait à terme une population viable de 1 500 hamsters pour mettre fin à cette dépendance.

Hamster commun dressé dans un champ de luzerne. Son pelage roux, blanc et noir est caractéristique.

Mauvaise compagnie

Le hamster commun est protégé depuis 1993 et sa détention est interdite. Mesurant 20-30 cm pour 220-460 g, ce rongeur ne doit pas être confondu avec son cousin largement domestiqué, le hamster doré, plus petit et originaire de Turquie et de Syrie.

Soutien

En 2023, 113 exploitants ont reçu une indemnisation d’un montant total de 582 320 euros pour la mise en place de cultures favorables. Par ailleurs, 33 exploitants ont bénéficié d’une aide de 128 197 euros pour la non-récolte de bandes de céréales à proximité des terriers.

Haut et bas

Le statut du hamster est meilleur dans le Bas-Rhin (à proximité de Strasbourg) où sont présentes les deux principales zones de protection spéciale (ZPS). Près de 240 agriculteurs y sont engagés pour l’espèce au sein de l’association Agriculteurs et faune sauvage Alsace (AFSAL). Dans le Haut-Rhin (près de Colmar), la situation de la petite population isolée est quant à elle critique.

Verdissement ?

Alors que l’autoroute du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) a détruit des habitats naturels et agricoles, le géant de la construction Vinci a relâché des rongeurs dès 2022 en compensation des impacts engendrés. Une pure opération de communication, selon certaines ONG alsaciennes.

Lâché de hamster dans le cadre d’un programme de réintroduction. / © Sylvain Cordier / Biosphoto

Le saviez-vous ?

329 : Nombre de communes alsaciennes occupées par le hamster ­commun en 1972. Après un déclin marqué dans les années 1970-1990, l’espèce était connue de seulement 16 communes en 2018.

x4,75 : Le comptage des terriers de hamsters réalisés dans les cultures favorables par l’Office français de la biodiversité (OFB) montre des fluctuations, mais une tendance à la hausse. Le bilan a été multiplié par 4,75 entre 2012 (243 terriers) et 2024 (1 155). Cet indicateur fiable ne renseigne cependant pas précisément sur le nombre de hamsters.

© Préfecture de la Région Grand Est, 2024

Vison d’avenir : L’élevage de visons d’Europe au parc animalier de Chizé (Deux-Sèvres), dans l’ouest de la France, fait partie des étapes nécessaires à la réintroduction de cette espèce rarissime – moins de 250 individus estimés. L’opération de relâcher est prévue pour 2025 par le plan national d’actions dédié à cette espèce, aujourd’hui confinée à quelques départements de la façade atlantique.

Couverture de La Salamandre n°284

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 284  octobre - novembre 2024, article initialement paru sous le titre "La marmotte des champs"
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