Concours photo à l’ère de l’IA : « On regarde s’il n’y a rien d’artificiel »

À l'ère de l'IA, les suspicions se multiplient autour de photos animalières. Chloé Pang, porte-parole de la Station ornithologique suisse, nous dévoile les coulisses du concours photo de la célèbre institution.

Abonnés
© Une chevêche d'Athéna au bord d'une mare. Crédit : Johansen Arfinn

Cela devient presque un réflexe. Devant une photo animale spectaculaire, il y a de plus en plus souvent une petite voix intérieure qui nous dit : « est-ce une image générée par l’intelligence artificielle ? » Heureusement, il existe encore des labels auxquels le public peut se raccrocher pour déguster des clichés magnifiques et vrais, comme les lauréats du concours photo de la Station ornithologique suisse, référence concernant l’avifaune.

Suite à la publication des clichés primés pour l’édition 2026 du concours, nous avons interrogé la porte-parole de la Station, Chloé Pang, pour en savoir plus sur la façon dont procède le jury en ces temps troublés pour la photographie animalière.

Une huppe fasciée au-dessus de la forêt. Crédit : Lorenz Luca

Tout d'abord, Chloé Pang dit avoir reçu peu de photos générées par l'IA en 2026, comme les années précédentes. Sans doute, car les candidats malhonnêtes savent que les clichés générés par l’IA ne passent pas ( encore ) le filtre d’un jury d’experts. « Quand les images nous parviennent, notre équipe fait le tri, contrôle des photos pour voir s’il n’y a rien d’artificiel et pas trop de retouches. Les photographes ont en effet le droit de retoucher leurs images, pour améliorer la luminosité, par exemple, mais seulement jusqu’à un certain point ». Chaque candidat doit ainsi envoyer le cliché original et la version retouchée.

Le jury est également guidé par une philosophie naturaliste. En plus de la technique pure, les jurés déterminent la difficulté d’observer le comportement de telle ou telle espèce. La photo doit encore avoir été prise de manière éthique sans déranger la faune, même si cela n’est pas toujours contrôlable. « Les photos trop mises en scène sont écartées, tout comme lorsqu’on a des suspicions de stress ou de dérangement de l’oiseau par le photographe. Ainsi, on sait que certains cognent contre des troncs d’arbres pour faire sortir des hiboux », note la porte-parole de la Station ornithologique suisse.

Un pigeon ramier mangeant des baies. Crédit photo : Diana Schmies

Depuis quelques années, une tendance s’affirme. De plus en plus de photographes des pays d’Europe de l’Est candidatent et figurent aussi parmi les lauréats. En 2026, 6 des 13 clichés récompensés ont été réalisés par des naturalistes polonais. « Je pense que cela tient en partie au fait qu’il y a des endroits idéals pour observer de nombreux oiseaux en migration dans des pays où l’urbanisation est moins forte qu’en Europe de l’Ouest. Les grands lacs en Hongrie sont très naturels et situés sur le trajet de migrateurs », estime Chloé Pang. Pour la Pologne en particulier, il y a « la présence de la forêt de Białowieża, relique de forêt primaire, donc on peut imaginer que les Polonais sont très sensibles à la nature et donc enclins à la photographie. »

Si la photo qui s’est vu décerner le grand prix 2026 représente un garrot à œil d’or en train de plonger à la surface d’un plan d’eau, le coup de coeur de Chloé Pang montre un pigeon ramier qui engloutit des baies (> photo ci-dessus). « On dirait un tableau de la Renaissance avec une nature morte », admire la porte-parole.

Catégorie

Photos

Tags

Ces produits pourraient vous intéresser

Une vie pour la nature

15 €

Agir pour la nature – Balcons et terrasses

19.90 €

Le grand livre de la nature

69.00 €

Les plantes sauvages

49.00 €

Découvrir tous nos produits

Poursuivez votre découverte

Photos
Photos
Abonnés

1 seul bébé cistude sur 10 parvient à l’âge adulte

Prête à poursuivre l'aventure dans la peau d'une cistude? De tous les œufs que vous portez dans le ventre, combien parviendront à l’âge adulte ? Avec beaucoup de chance, un seul.

Photos
Photos
Abonnés

10 chenilles insolites de papillons de nuit

Carnivores, urticantes ou camouflées, les chenilles des papillons de nuit revêtent de nombreuses formes parfois étonnantes. Démonstration.

La Minute Nature
La Minute Nature

Minute nature : stop aux idées reçues sur le brame du cerf

Démêlons le vrai du faux concernant le brame du cerf ! On vous a expliqué que ce sont les cerfs qui commandent, choisissent les biches et que le plus fort gagne ? Cet épisode de la Minute Nature rétablit la vérité !

Nos 3 revues

Revue Salamandre

Plongez au coeur d'une nature insolite près de chez vous

Découvrir la revue
8-12
ans

Salamandre Junior (8 - 12 ans)

Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature

Découvrir le magazine
4-7
ans

Petite Salamandre (4 - 7 ans)

Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique

Découvrir le magazine

La Salamandre est un éditeur indépendant et sans but lucratif entièrement dédié à une cause essentielle : faire aimer la nature. Partez à la rencontre d'animaux petits et grands ou de plantes incroyables qui vivent tout près de chez vous.

Salamandre newsletter
Nos images sont protégées par un copyright,
merci de ne pas les utiliser sans l'accord de l'auteur