Idées reçues sur la protection du grand tétras
Présence humaine et gestion de la forêt sont manifestement les deux clés du problème. Ce qui n’empêche pas le colportage de théories farfelues sur le déclin des grands coqs. Florilège et réalités.
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« Qu’on lui fasse deux ou trois belles réserves et basta ! »
Les grands tétras occupent de grands territoires. Même si ce sont des sédentaires, ces oiseaux ont besoin de beaucoup d’espace. Quelques sanctuaires bien choisis peuvent sauver des noyaux de population, mais c’est à l’échelle du Jura qu’il faut concevoir la protection de l’oiseau.
A ce titre, il vaut la peine de se battre pour les derniers grands coqs du Nord vaudois ou du canton de Neuchâtel.
« Il n’y a plus assez de vieilles forêts. »
Des expériences menées des deux côtés du Jura prouvent qu’il est possible, sans beaucoup de frais, d’exploiter rationnellement une forêt tout en permettant la survie des grands tétras. Des peuplements exploités assez intensivement peuvent lui convenir… à condition qu’on respecte quelques règles simples.
« C’est la faute au climat ! »
Oui, le réchauffement actuel du climat, avec une tendance marquée pour des printemps plus humides, risque de diminuer les chances de survie des poussins . C’est un argument supplémentaire pour résoudre au plus vite les autres causes du déclin de cet oiseau : dérangements et structure de la forêt. A noter que la rapidité des changements en cours indisposera bien d’autres espèces.
« Sa survie limite nos libertés. »
La montagne appartient à tout le monde. A nous… comme à lui. Dans son intérêt comme dans le nôtre, il est souhaitable que nos voitures ne puissent pas aller partout. Que quelques recoins sauvages nous échappent. De quoi alimenter les rêves de nos enfants.
« C’est la faute aux prédateurs ! »
Les grands coqs ont toujours vécu avec des martres ou des autours. En revanche, l’explosion démographique récente des sangliers dans le Jura pose peut-être plus de problèmes. Il faudrait à la fois cesser de nourrir ces animaux en hiver et ne pas déranger les oiseaux avec des battues.
« C’est trop tard ! »
Les grands coqs sont des oiseaux prolifiques. Leurs effectifs peuvent remonter rapidement par l‘effet d’aménagements forestiers favorables. A condition toutefois que la population soit assez nombreuse. C’est encore le cas dans une partie de la chaîne jurassienne. « Moins on en parle, mieux il
se porte. »
Une loi du silence a entouré les grands coqs pendant des décennies. Ce tabou n’a pas empêché leur déclin. Communiquer est aujourd’hui une priorité des forestiers, biologistes et gestionnaires qui se battent pour sauver cet oiseau.
« De toute façon, c’est un fossile vivant. »
Pas plus archaïque que nous, le grand tétras est vulnérable parce qu’une multitude d’éléments sont nécessaires à sa survie. Un défi difficile, mais non impossible.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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