Sable, histoire d’une ressource de plus en plus rare
Non, la majorité du sable ne se forme pas en mer mais au cœur des montagnes. Pour comprendre, suivons par exemple le long périple d’une poignée de minéraux, du massif du Mont-Blanc à la Méditerranée. Puis, découvrons pourquoi cette ressource devient si rare.
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3 questions à… David Menier
Professeur en géosciences marines à l’Université Bretagne Sud.
Toujours moins de sable alimente les plages, pourquoi ?
L’aménagement des cours d’eau et l’exploitation directe du sable et du gravier limitent la quantité de sable charrié par nos fleuves au niveau mondial. Avant la prolifération des barrages et des digues dès la seconde moitié du XXe siècle, les rivières rejetaient environ 20 milliards de tonnes de sédiments par an dans l’océan. Aujourd’hui, cette quantité ne cesse de diminuer, car le transit des sédiments vers l’océan est bloqué par les nombreux obstacles placés tout le long des cours d’eau, depuis la source jusqu’à la côte.
Que dire de l’impact de l’exploitation du sable ?
Difficile pour l’instant de s’en passer dans l’urbanisation ou la construction d’ouvrages comme les ponts. En Europe, la pratique est très réglementée et accompagnée d’études scientifiques, ce qui limite les atteintes à l’environnement. Mais ce n’est pas toujours le cas, l’extraction de sable dans les fleuves ou en mer peut détruire pour longtemps des habitats écologiques et frayères à poissons. Associée à de faibles précipitations, elle peut aussi compromettre le prélèvement d’eau potable du réseau fluvial en déplaçant le niveau de la nappe d’eau supérieure.
Que faire pour remédier à cette situation ?
Il faut de l’accompagnement scientifique, une réglementation étatique stricte et de l’éducation à l’environnement qui permet de mieux comprendre et réduire les effets négatifs. Enfin, nous devons poursuivre la recherche sur le recyclage des matériaux afin de réduire l’exploitation des ressources minérales comme le sable et réfléchir à une plus grande sobriété vis-à-vis des constructions.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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