Quel est l’impact de la grippe aviaire sur les oiseaux domestique et sauvages ?
L’Europe a connu une épizootie d’influenza aviaire H5N1 particulièrement virulente et durable entre l’automne 2021 et l’été 2022. A la fois vecteurs et victimes, les oiseaux sauvages des zones humides sont sous le feu des projecteurs. Focus sur un virus qui n’a pas fini de sévir.
Abonnés
4 questions à… François Moutou
Docteur vétérinaire, ancien directeur adjoint du laboratoire santé animale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), à Maisons-Alfort.
Qu’est-ce que la grippe aviaire ?
C’est une maladie due à un ensemble de virus appelés influenzavirus. Ils sont surtout portés par les oiseaux aquatiques comme les canards, les oies ou les échassiers. Deux protéines permettent de les caractériser : l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). La dangerosité de chaque combinaison HxNy est très variable, de presque inoffensive à hautement pathogène.
La saison 2021-2022 a été particulièrement meurtrière en Europe. Pourquoi ?
La migration d’automne est la période où les oiseaux sauvages peuvent apporter de nouveaux virus. Fin 2021, la souche H5N1 qui circule le plus a tué beaucoup d’oiseaux, domestiques comme sauvages, ce qui était déjà inquiétant. Mais tandis que le nombre de cas retombe généralement avec l’hiver, le virus était étonnamment toujours présent au printemps et même à l’été 2022.
Des espèces sauvages peuvent-elles être menacées par un tel virus ?
Certaines populations, oui. Entre la Grèce (pélicans) et les îles de l’Atlantique (fous de Bassan, sternes), on est dépassé par les cas de mortalité. En France, même les vautours fauves sont touchés et certaines colonies n’ont pas produit de jeunes à l’envol en 2022. La liste des espèces touchées est déjà longue. La question est de savoir comment les oiseaux sauvages ont été contaminés par un virus si agressif et qui semble être un variant différent de celui arrivé à l’automne 2021.
Ce phénomène est-il amené à prendre de l’ampleur dans les années à venir ?
Difficile à dire mais pour limiter le risque, il faut que les systèmes d’élevage évoluent à large échelle. Ils doivent diminuer drastiquement leur taille et la concentration des animaux.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
Catégorie
Ces produits pourraient vous intéresser
Poursuivez votre découverte
« Construire une cohabitation entre les humains, la nature et les loups »
Jean-Marc Landry est biologiste, éthologue et fondateur de l’Institut pour la Promotion et la Recherche sur les Animaux de protection (IPRA). Il nous éclaire sur l’écologie du loup et sur les moyens permettant d’assurer une cohabitation ...
5 mammifères exotiques en Suisse
Le raton laveur et d’autres poilus exotiques ont été importés en Europe pour le commerce de fourrure, l’ornement des parcs ou la chasse. Une fois libres, certains se sont répandus et jouent parfois les trouble-fête dans les écosystèmes. ...
Nos 3 revues
Salamandre Junior (8 - 12 ans)
Donnez envie aux enfants d'explorer et de protéger la nature
Découvrir le magazinePetite Salamandre (4 - 7 ans)
Faites découvrir aux petits la nature de manière ludique
Découvrir le magazineLa Salamandre est un éditeur indépendant et sans but lucratif entièrement dédié à une cause essentielle : faire aimer la nature. Partez à la rencontre d'animaux petits et grands ou de plantes incroyables qui vivent tout près de chez vous.