Quel animal passe dans la jardin la nuit ? Réponse demain matin… / © Jean-Philippe Paul

Pourquoi les pièges photo ont-ils autant de succès ?

De plus en plus de curieux se mettent à observer la faune autour de chez eux avec des pièges photo. Eclairage par Jean Chevallier, naturaliste auteur d’un livre sur le sujet.

Auteur

Jean-Philippe Paul



De plus en plus de curieux se mettent à observer la faune autour de chez eux avec des pièges photo. Eclairage par Jean Chevallier, naturaliste auteur d’un livre sur le sujet.

La réponse de Jean Chevallier Naturaliste, artiste peintre, auteur et utilisateur expert de pièges photo. jeanchevallier.fr

Sans doute parce qu’ils donnent l’illusion qu’on va découvrir des choses incroyables qui se passent dès qu’on a le dos tourné. Et parfois, c’est ce qui arrive. Une vidéo que j’ai postée sur les réseaux sociaux a fait 8 millions de vues et le tour des médias. Elle montre une succession d’animaux qui passent sur un tronc au-dessus d’un cours d’eau vers chez moi. Preuve que la faune locale procure de l’émotion aux gens. Ces outils, dont les prix sont devenus plus accessibles, permettent d’entrer dans l’intimité du sauvage.

Quelles infos inédites peuvent-ils apporter ?

Le piège photo naturaliste produit rarement des scoops. C’est d’abord une façon ludique de mieux connaître la biodiversité locale. L’horaire de sortie du blaireau, le lieu de passage favori de la fouine, la diversité de la faune qui fréquente un point d’eau, la présence du muscardin dans une haie… Les surprises sont parfois au rendez-vous : j’ai par exemple découvert le raton laveur, la musaraigne aquatique et le campagnol amphibie, trois espèces que je n’imaginais pas près de chez moi.

Quelques conseils pour les utilisateurs ?

D’abord, ces caméras sont souvent détectées par les mammifères, il faut donc s’abstenir de les positionner près d’un gîte occupé pour éviter tout dérangement. Côté pratique, je préconise de les placer bas, entre 0,5 et 1 m de haut, dirigés vers le lieu de passage supposé des animaux. Prudence, camouflez votre appareil pour qu’il échappe au regard des curieux et des voleurs. Enfin, j’encourage à expérimenter soi-même les réglages selon ses centres d’intérêt. J’ai pour ma part adapté des loupes sur l’objectif dans l’idée de faire des images rapprochées de micromammifères. Et ça marche !

Faut-il craindre la prolifération de telles caméras et l’arrivée de Big Brother* dans la nature ?

On peut légitimement s’inquiéter d’être pris en photo à son insu, mais la probabilité est infiniment moins importante qu’en ville avec toutes les caméras de surveillance. Personnellement, comme je place mes pièges assez bas, je n’ai pratiquement jamais eu de visage enregistré.

Big Brother (de l’anglais, «Grand Frère»)

Nom propre. Personnage de fiction du roman 1984 de George Orwell, devenu une expression qualifiant les pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des individus… Pour ne pas utiliser un piège photo de manière illégale, référez-vous aux règles entourant l’usage des caméras de surveillance :

A lire

Le piège photographique, connaître et partager l’intimité des animaux, J. Chevallier, éd. Delachaux et Niestlé (2019)

A voir

Découvrez les coulisses de la vidéo de Jean Chevallier réalisée avec ses pièges photo.

Couverture de La Salamandre n°254

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 254  Octobre - Novembre 2019
Catégorie

FAQ nature

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