L’envol du gypaète
Jeune gypaète barbu. / © Antoine Rezer et Jean-Luc Danis

L’envol du gypaète

Cela fait 30 ans que les premiers gypaètes ont été réintroduits dans les Alpes. Extrait du livre événement que nous publions pour l’occasion.

Auteur

Antoine Rezer et Jean-Luc Danis



Cela fait 30 ans que les premiers gypaètes ont été réintroduits dans les Alpes. Extrait du livre événement que nous publions pour l’occasion.

10 juillet. La montagne tout entière semble chanter. Aux phrases flûtées des oiseaux et aux cris des marmottes s’ajoute la puissance des cascades à leur débit maximum.
Dans le nid suspendu dans la falaise, le jeune gypaète a désormais atteint la taille et le poids d’un adulte : presque trois mètres d’envergure pour cinq à sept kilos. Après quatre mois passés dans l’aire, ce sera bientôt l’envol.
Cela fait douze jours que nous revenons tous les matins au même endroit avec l’espoir d’assister à ce moment clé. Aujourd’hui, le ciel est calme et il n’y a pas un brin d’air. Serait-ce le jour J ? Par expérience, le téléobjectif est installé en premier… Si l’oiseau vient à sauter, il faut être prêt. Tout en gardant un œil sur la falaise, nous déployons le trépied et installons la longue-vue.

Nous devons nous pincer pour réaliser que ce n’est pas un rêve…

Rien ne bouge dans l’aire et nous faisons nos pronostics. « Il va se retourner, battre des ailes et une rafale de vent va l’emmener ! » Mais c’est alors que le jeune se place immobile au bord du nid. Alors, on compte pour rigoler « 5, 4, 3, 2, 1… » Et l’improbable se produit : au même instant, le gypaète se jette dans le vide. Il bat des ailes, puis plane très approximativement jusqu’à une pente herbeuse en face de la falaise. Nous devons nous pincer pour réaliser que ce n’est pas un rêve…
Pendant plusieurs semaines, le rapace reste à proximité de son aire et ses parents continuent à le nourrir. Il lui faut du temps pour acquérir de l’autonomie et maîtriser son vol. Un jour, il quittera son territoire natal. Vers six ou sept ans peut-être il atteindra l’âge adulte. Deux semaines et demie plus tard, nous décidons d’y retourner. Le jeune gypaète doit être en plein apprentissage et voler chaque jour mieux et plus loin. Les éclaircies annoncées pour l’après-midi l’inciteront peut-être à se dégourdir les ailes…

Sa silhouette massive longe la falaise et monte vers nous.

Une averse de neige fondue s’abat d’abord sur notre poste d’observation. Dans de telles conditions, la probabilité d’observer le grand planeur est plutôt faible. A plus forte raison un jeune inexpérimenté. On regrette presque d’être venus quand, à la faveur d’un rayon de soleil, un gypaète adulte apparaît en planant au-dessus de nous. Il semble moins dépendant de l’air chaud que ce que l’on pourrait croire. Mais la visite est brève et l’oiseau s’éloigne rapidement vers le nord. C’est alors qu’en scrutant l’horizon, nous apercevons le gypaéton. Sa silhouette massive longe la falaise et monte vers nous. L’instant est magique. Le vautour décrit de grands cercles et, curieux, s’approche de plus en plus. Il est tellement près…
En traversant la vallée, il se fait charger par un aigle royal. Et hop, pour se défendre, il se retourne pour présenter ses serres et tient son cap. Il est déjà très habile en l’air, ses acrobaties en témoignent. C’est de bon augure pour la suite. Nous quittons les lieux sous un coucher de soleil extraordinaire, juste heureux d’avoir été là.

Propos recueillis par Alessandro Staehli

La résurrection d’un barbu

On l’accusait de voler les agneaux et même de capturer des enfants… Empoisonné et tiré, le gypaète a totalement disparu des Alpes et d’autres massifs. Pourtant, ce géant inoffensif et parfois très curieux est un charognard qui se nourrit essentiellement d’os.
Grâce à un ambitieux programme international initié il y a 30 ans, le vautour barbu a été réintroduit dans les Alpes. En 2015, les spécialistes ont dénombré 32 couples dans tout le massif. Des lâchers sont aussi en cours dans les Grands Causses-Cévennes et en Andalousie pour relier les différentes populations européennes.

L’envol du gypaète
Antoine Rezer et Jean-Luc Danis

Antoine Rezer et Jean-Luc Danis

antoine-rezer.com

jean-lucdanis.fr

  • 1969 Naissance de Jean-Luc en Savoie
  • 1978 Naissance d’Antoine en Haute-Savoie
  • 2011 Rencontre lors du tournage du film Des gypaètes et des hommes de Mathieu Le Lay
  • 2016 Sortie du livre L’envol du gypaète avec La Salamandre
L'envol du gypaète

Commander L’envol du gypaète d’Antoine Rezer et Jean-Luc Danis.

Cet ouvrage-événement fait déjà l'objet de nombreux échos dans les médias.

L'illustré / ActuMontagne.com /

Voir quelques extraits et le descriptif plus détaillé.

Couverture de La Salamandre n°234

Cet article est extrait de la Salamandre

n° 234  Juin - Juillet 2016
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