INFOGRAPHIE : Le juteux commerce du vivant
La Convention de Washington (Cites) réglemente le marché florissant des espèces à travers le monde. Une menace majeure pour la biodiversité, aggravée par un trafic illégal important.
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3 questions à…
Josef Senn : Biologiste au WSL et membre de la commission scientifique qui conseille la Convention de Washington (Cites).
Comment expliquer que la Suisse, un petit pays, compte parmi les plus gros importateurs d’espèces menacées au monde ? La Suisse importe beaucoup de produits issus d’animaux pour alimenter son industrie horlogère de luxe. Les bracelets de montres sont en effet fréquemment confectionnés à partir de cuir de reptile. Cette offre semble en recul, peut-être parce que les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la condition animale. Le siège de la Cites étant à Berne, la Suisse veut être un exemple en la matière. Il s’agit du premier pays qui a mis au point un comptage automatique très fiable des demandes de permis et des importations, alors qu’avant tout était compté manuellement.
Pourquoi des animaux classés sur l’annexe I de la Cites, au bord de l’extinction, peuvent-ils tout de même faire l’objet d’importation ?
Les espèces de l’annexe I sont très menacées et ne peuvent pas faire l’objet de commerce. Mais il existe des dérogations. Un léopard peut par exemple être abattu légalement en Afrique – de rares permis sont délivrés chaque année – et un chasseur suisse qui aura déboursé 100 000 francs pourra ensuite importer son trophée chez lui. Mais les articles ou spécimens vivants de l’annexe I ne peuvent en aucun cas faire l’objet de commerce.
Il existe aussi un commerce illégal des espèces menacées, comme le trafic d’anguilles, pêchées en France et envoyées en Asie. Y a-t-il une lutte contre ce fléau ?
Ce trafic des civelles, le nom des alevins d’anguilles, ce sont des milliards de dollars de recettes chaque année. Tout cela vient du fait que l’élevage d’anguilles est quasi impossible, et que c’est un poisson très apprécié en Asie. Des trafiquants viennent donc sur les plages de l’Atlantique ou au bord de rivières pendant la nuit pour attraper les civelles et les envoyer ensuite en Asie où elles seront nourries. Plus généralement à l’échelle mondiale, Interpol assume désormais mener le même niveau de lutte contre les trafics d’espèces animales que contre les trafics d’êtres humains ou de drogue.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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