© Urs Kägi

Pourquoi des flamants roses ont-ils passé l’automne en Suisse ?

La réponse de Chloé Pang, ornithologue et porte-parole de la Station ornithologique suisse.

La réponse de Chloé Pang, ornithologue et porte-parole de la Station ornithologique suisse.

Chloé Pang, ornithologue et porte-parole de la Station ornithologique suisse. / © Chloé Pang

Les flamants roses forment une population répartie en plusieurs colonies autour du bassin méditerranéen. Fait surprenant, un groupe d’une vingtaine d’oiseaux a stationné de début septembre à mi-novembre sur le lac de Klingnau, en Argovie. On peut supposer que ces individus, qui sont surtout des jeunes, sont arrivés depuis la Camargue. Ils ont certainement remonté le Rhône. On les a aperçus en France à Fort l’Écluse et ensuite sur le Léman, dans la réserve naturelle des Grangettes.

Pourquoi ont-ils voyagé si loin de la Méditerranée ?

Il s’agit d’un phénomène de dispersion, différent de la migration. C’est une phase d’exploration qu’expérimentent les jeunes oiseaux qui ne sont pas encore matures sexuellement, après la saison de la reproduction et pendant laquelle ils regardent s’il existe une autre option que l’endroit où ils sont nés. La dispersion existe surtout chez les grands oiseaux, comme également l’aigle royal ou le gypaète, qui mettent quelques années à devenir matures. On retrouve les jeunes de ces espèces à des endroits parfois un peu bizarres, cela permet d’étendre leur aire de distribution.

Est-ce une observation isolée en Suisse ?

Non, depuis les années 1990, on voit régulièrement des flamants roses en Suisse. Cela s’explique par l’augmentation de la population au niveau européen due aux mesures de protection de l’espèce. En Camargue, par exemple, on protège les colonies des prédateurs terrestres. Davantage de jeunes naissent, donc on en voit à de nouveaux endroits.

Ces flamants roses pourraient-ils s’installer durablement dans le pays ?

Il est déjà arrivé que des espèces plutôt méditerranéennes, comme le guêpier d’Europe, passent du temps en Suisse puis décident d’y nicher. Mais pour les flamants roses, ce ne sera jamais le cas. On les trouve majoritairement sur des étendues d’eau ­salées ou alcalines, et même s’ils survivent bien ici et trouvent de la nourriture, les conditions pour nicher ne sont pas réunies. Ils auraient besoin de grandes plaines à proximité du lac, or, c’est très construit tout autour. De manière générale, la Suisse est trop dense : il y a du monde partout, sauf dans les montagnes, un habitat qui ne convient pas aux flamants roses. L’année prochaine, peut-être que la moitié de ces individus pourront se reproduire, et dans ce cas, ils s’installeront ailleurs. Il se peut qu’un ou deux reviennent avec d’autres flamants roses l’an prochain, mais cela restera exceptionnel.

En savoir plus sur l’origine et le mode de vie de ces oiseaux par ici.

*Alcalin, alcaline

adj. Une eau est dite alcaline lorsque son pH est supérieur à 7. C’est le cas de l’eau de mer : le sel qu’elle renferme contient du sodium, qui augmente l’alcalinité. Une eau très alcaline peut devenir hostile à certaines espèces, brûlant leur peau par exemple.

Retrouvez les réponses à vos questions dans notre rubrique Questions nature.

Couverture de La Salamandre n°292

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 292  Février - mars 2026
Catégorie

FAQ nature

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