Eclairage sur la bioluminescence

Lorsque la nuit tombe, entre juin et septembre, les vers luisants femelles s'embrasent. Comment produisent-elles une telle lueur ? Quels autres organismes terrestres font de même ? Zoom sur un phénomène brillant.

3 questions à Marcel Koken

Chercheur spécialiste de la bioluminescence au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Brest.

Lucioles et vers luisants se font de plus en plus rares, pourquoi ?

Majoritairement à cause de la pollution lumineuse qui compromet la reproduction. Si un mâle aperçoit un lampadaire ou un éclairage dans un rayon de 40 à 50 m, il est attiré au point de délaisser la lueur d’une femelle. Il tourne autour de cette lumière artificielle jusqu’à mourir d’épuisement. Il est pourtant facile d’éteindre lorsqu’on quitte une pièce, d’installer des détecteurs de présence pour l’éclairage d’une allée ou d’une rue, d’en diminuer l’intensité ou d’opter pour des ampoules aux luminosités chaudes, moins attractives.

Est-ce que d’autres animaux bioluminescents souffrent de la pollution lumineuse ?

Oui, mais dans une moindre mesure, car ils utilisent davantage leur brillance pour mettre en garde ou distraire un prédateur que pour attirer un partenaire. En revanche, les pesticides menacent les mille-pattes, mouches et vers de terre, qu’ils soient bioluminescents ou non. Même chose pour les fauches trop fréquentes des zones herbeuses entre avril et septembre, lorsque les insectes se reproduisent.

Est-il vrai que les organismes bioluminescents sont plus nombreux en milieu marin ?

Oui, bien plus nombreux ! Poissons, microalgues, méduses, pieuvres… Environ 80 % des espèces vivant entre 150 et 1 500 m de profondeur émettent de la lumière. Les fonctions de la bioluminescence sont, elles aussi, plus variées. Des poissons comme le Photoblepharon steinitzi sont par exemple pourvus de lampes de poche sous les yeux qui les aident à repérer leurs proies dans la pénombre. Certains produisent même de la lumière rouge pour chasser sans être vus par leurs propres prédateurs.

Couverture de La Salamandre n°270

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 270  Juin - Juillet 2022
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