Prélude : le lever de rideau est imminent. Déjà, quelques vers échappés d’un poème de ...

Au théâtre des roseaux

Du lac des cygnes à l’opéra des cormorans, le photographe Alessandro Staehli met en scène les oiseaux ordinaires. Une lecture lyrique de la nature à fleur d’eau.

Du lac des cygnes à l’opéra des cormorans, le photographe Alessandro Staehli met en scène les oiseaux ordinaires. Une lecture lyrique de la nature à fleur d’eau.

Acte I
Cygne mélancolique le jour, femme fatale vêtue de plumes blanches la nuit.
Dans Le lac des cygnes, le destin de la princesse Odette est prisonnier du sort lancé par un terrible sorcier.
 / © Alessandro Staehli Et ce grèbe, qui est-il ? D’où vient-il ? Mélodrame ou sérénité, chacun lit la nature à sa manière.
C’est pourquoi le spectacle vaut toujours le détour.   / © Alessandro Staehli Acte II : à travers le cœur grand ouvert du diaphragme, les roseaux perdent leur raideur le temps d’une pose.
Dans ces flammes insaisissables, un être candide navigue en hésitant.
On dirait qu’il joue avec le feu sans jamais se brûler.  / © Alessandro Staehli Acte III : même théâtre, autre décor. Deux cormorans se préparent pour une ode muette au levant.
Le soliste monte sur scène comme pour un fortissimo sur une partition invisible.
Quel silence cette apothéose lyrique!  / © Alessandro Staehli Grand final : chanteurs, comédiens et figurants de l’opéra lacustre montent une dernière fois sur scène pour tirer leur révérence.
Lorsque le soleil du matin embrase les brumes, la représentation des grands cormorans s’achève. / © Alessandro Staehli
Alessandro Staehli Rédacteur naturaliste à La Salamandre et photographe

Alessandro Staehli

Rédacteur naturaliste à La Salamandre et photographe

indionature.com

Comme un oiseau migrateur, je me suis arrêté sur les rives du lac de Neuchâtel il y a bientôt quinze ans. Je ne suis plus reparti. Cet univers où vivent des dizaines de milliers de cormorans, foulques, grèbes et fuligules est devenu le mien. Je m’y plonge régulièrement pour porter mon regard sur ses habitants souvent ignorés.

Photographier, c’est écrire en prenant comme encre la lumière. L’inspiration pour révéler l’aura insoupçonnée des oiseaux vient surtout de l’humeur très variable du lac, de ses reflets dansants, de ses voiles de brume. Ce que j’aime le plus ? Mettre en scène l’ordinaire. Un simple cormoran qui sèche ses ailes peut devenir ténor d’opéra.
J’adore cette liberté d’expression. C’est mon antidote pour lutter contre l’accélération de nos vies, pour mettre en exergue ce que l’on perd en chemin et qui ne reviendra jamais.

Couverture de La Salamandre n°245

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 245  avril - mai 2018
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