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Loriot, le soleil est de retour
Au Burkina Faso, un reboisement qui bénéficie aux locaux et au loriot
Au Burkina Faso, la station ornithologique suisse étudie les effets d'un projet de reboisement sur les oiseaux migrateurs venus d'Europe, dont le loriot. Interview.
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Reboiser pour relancer un cercle vertueux face à la désertification. Voici résumé l'objectif poursuivi par les ONG newTree et tiipaalga au Burkina Faso. Depuis vingt ans, ces deux organisations, aidées par les familles paysannes et les coopératives de femmes locales, ont participé au reboisement de 400 terrains pour un total de 3 hectares de zones mise en défens.
Sur ces terres, le surpâturage et la déforestation, qui participent au mouvement de désertification de cette région du Sahel, sont interdits afin de permettre un reboisement naturel. Et avec lui, la création d'un cercle vertueux. Les insectes reviennent, les terres gagnent en fertilité, offrant aux populations locales l'opportunité d'y produire fruits, graines, miel ou plantes médicinales.
Également engagé dans le projet, la Station ornithologique suisse s’attelle à étudier précisément dans quelle mesure les oiseaux locaux et les migrateurs venus d’Europe bénéficient, eux aussi, de ce reboisement. Explications de Gabriel Marcacci, collaborateur scientifique à la Station ornithologique suisse.
Vous avez recensé les oiseaux dans les zones d’exclusion de pâturage où la végétation se régénère naturellement. Les résultats sont-ils positifs ?
Nos études ont démontré que l’exclusion de pâturage avait un effet positif sur la plupart des espèces d’oiseaux. Surtout pendant la saison sèche, quand le contraste avec les zones pâturées est encore plus grand. Cependant, quelques espèces comme les alouettes ou les vanneaux évitent ces zones régénérées, car la végétation y devient trop dense pour elles. Il faut aussi noter que les zones d’exclusion de pâturage n’ont pas seulement un effet positif sur les oiseaux, mais sur tout l’écosystème, ainsi que sur les populations humaines locales.
Quelles espèces européennes en bénéficient le plus ?
Le rougequeue à front blanc, le pouillot fitis, le rossignol philomèle et l’hypolaïs obscure. Mais aussi, plus occasionnellement, d’autres espèces de passage comme le pipit des arbres, le gobemouche noir ou le loriot d’Europe. À noter que nous avons aussi recensé des espèces migratrices intra-africaines comme le coucou didric.
Les oiseaux concernés restent-ils tout l’hiver dans la zone ?
Certaines espèces sont uniquement de passage, d’autres ont plusieurs sites d’hivernage et stationnent un moment avant de poursuivre plus loin et, enfin, certaines comme le rougequeue à front blanc restent sur le même site pendant tout l’hiver.
Quels sont les projets futurs ?
Nos études ont démontré le potentiel des mesures de restauration mises en place par nos organisations partenaires – newTree et tiipaalga – au Burkina Faso pour restaurer les terres dégradées, conserver la biodiversité dont les oiseaux migrateurs et, enfin, améliorer les conditions de vie des populations locales. Nous travaillons maintenant à promouvoir ces actions afin qu’elles puissent être mises en œuvre dans d’autres régions du Sahel.
Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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