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Je m’abonneComment observer le triton palmé ?
© Cyril Ruoso
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Amateur nature
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Adulte
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Hiver
Débusquez le triton palmé, ce modeste amphibien aux allures de saurien. À la fin de l’hiver, il migre secrètement avec une idée fixe en tête : se reproduire.
Quand observer le triton palmé ?
En février-mars, le triton palmé quitte sa cachette hivernale et terrestre pour migrer vers un point d’eau, situé parfois à plusieurs centaines de mètres alentour. C’est assurément un périple rempli d’obstacles lorsqu’on mesure moins de 10 cm. Notre discret amphibien s’active à la nuit tombée, bien qu’il soit visible parfois le jour en milieu aquatique. Il sort à la faveur d’une météo douce, humide, voire pluvieuse, lorsque la température dépasse 5 °C.
Où observer le triton palmé ?
Le triton palmé apprécie les petits points d’eau généralement stagnants : mares, fossés, ruisseaux à courant lent, étangs, mais aussi abreuvoirs, flaques et ornières de chemin.
Matériel
Munissez-vous de bottes, d’un ciré et d’une lampe-torche.
Règles d’or
Visitez les mares de nuit en prenant soin de regarder où vous mettez les pieds. Dans l’eau, n’éclairez pas directement les yeux des tritons au risque de les faire fuir. Enfin, n’interrompez pas les danses nuptiales. Notre triton est protégé, il est donc interdit de le capturer ou de le toucher.
La bonne idée
Une petite pièce d’eau aménagée au jardin suffit pour intéresser le triton palmé, pour peu qu’aucun poisson n’y soit introduit et qu’un corridor de haies ou forêts lui permette de coloniser depuis une station occupée distante de moins de 500 m.
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Dans la mare, le mâle développe palmes et crête caudale, puis diffuse des phéromones sexuelles vers sa partenaire au cours d’une danse aquatique captivante, arc-bouté en dos de chat, queue repliée et agitée. Si le courant passe, madame le suit et récupère le petit sac de spermatozoïdes déposé au fond de l’eau à son attention. Méticuleuse, elle pond ensuite entre 290 et 440 œufs, un à un, en les protégeant individuellement avec un étui de feuilles délicatement pliées entre ses pattes arrière.
Lézard suisse ?
Malgré son nom scientifique Lissotriton helveticus, ce petit animal décrit pour la première fois en 1789, près de Lausanne, fut appelé à tort lézard suisse. Ni reptile, ni exclusivement helvétique, le triton palmé est un amphibien fort répandu en Europe de l’Ouest. Il est apparenté aux urodèles (du grec oura et delos signifiant queue visible) car, contrairement aux têtards de grenouilles et de crapauds (les anoures), il garde sa queue même après la métamorphose. Sa peau nue, sans écailles, le différencie nettement des lézards, tandis que sa queue comprimée latéralement permet de le distinguer de ses cousines les salamandres.
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Cet article est extrait de la Revue Salamandre