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Loriot, le soleil est de retour

Quelle vie pour le loriot en Afrique ? Un ornithologue sud-africain raconte

Quelle vie mène le loriot de l’autre côté de la planète, là où il passe six mois de l’année ? Témoignage de Derek Engelbrecht, ornithologue sud-africain.

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© Derek Engelbrecht
Derek Engelbrecht Ornithologue, maître de conférences à l’Université de Limpopo (Afrique du Sud), rédacteur en chef de : robertsbirds.co.za

Le loriot d’Europe est-il facile à voir en Afrique du Sud ?

En Afrique australe, le loriot d’Europe est un visiteur estival répandu, bien que peu commun, des forêts denses et hautes. Timide et discret, il évolue généralement seul. Chez nous, il ne chante qu’occasionnellement, ce qui rend sa détection d’autant plus difficile dans le feuillage luxuriant. On aperçoit seulement un oiseau qui s’envole et disparaît parmi les arbres. Mon expérience confirme qu’il est extrême­ment compliqué d’observer cette espèce en Afrique du Sud.

Il occupe tout le pays ?

L’essentiel de la population de loriots d’Europe hiverne dans le bassin du fleuve Limpopo, notamment dans le Lowveld sud-africain et le nord du KwaZulu-Natal, mais l’espèce devient de plus en plus rare et localisée au sud du 29e parallèle sud.

Lire aussi : 9 choses à savoir à propos du loriot

À quelle période est-il présent dans votre province du Limpopo ?

Les premiers individus arrivent dans le pays vers la fin septembre et en octobre, mais la majeure partie de la population arrive vers la fin octobre et en novembre. Ils nous quittent dès la fin février, la plupart partant en mars. On ignore si un individu est fidèle à un lieu d’hivernage ou s’il est en mouvement constant, suivant les sources de nourriture.

Quels habitats fréquente-t-il à ces latitudes ?

On trouve le loriot d’Europe dans la plupart des forêts mésiques – ni très humides, ni très sèches – et semi-arides d’Afrique australe, mais il est moins observé dans le miombo – un genre de savane boisée. Bien qu’il évite généralement les espaces largement dépourvus d’arbres, comme les prairies du plateau central et du Karoo, des individus erratiques sont occasionnel­lement observés dans ces habitats, notamment lors d’années avec précipitations supérieures à la moyenne.

Et plus précisément, quels types d’arbres ?

Bien qu’on la trouve parfois dans les plantations, les vergers et les jardins, c’est principalement une espèce des forêts bien développées. On l’observe dans le mopane (Colophospermum mopane), l’arbre nyala (Xanthocercis zambesiaca), le kaki à forme de nèfles (Diospyros mespiliformis), le haricot pleureur (Schotia brachypetala), l’arbre à saucisses (Kigelia africana) et l’arbre à pluie (Philenoptera violacea).

Paysage typique de la région de Lowveld, dans le nord-est de l’Afrique du Sud, fréquentée par les loriots d’Europe en hiver. / © Derek Engelbrecht

Quel comportement le loriot d’Europe adopte-t-il pendant son hivernage ?

On connaît peu de choses sur son comportement ici dans son aire d’hivernage lors de l’été austral. Il se nourrit parmi les feuilles d’arbres de 10 à 15 m de haut, consommant divers invertébrés, notamment des larves de lépidoptères, des sauterelles, des abeilles, de petits coléoptères et des mouches. C’est un prédateur infatigable, se déplaçant constamment dans la canopée, volant d’une branche à l’autre, scrutant minutieusement la végétation à la recherche de proies avant de les capturer ou de poursuivre son chemin. Il consomme aussi régulièrement les fruits de divers arbres comme le Ficus craterostoma, l’arbre des bergers (Boschia albitrunca) et l’élaeodendron du Transvaal (Elaeodendron transvaalense). Il chasse également les termites ailés et butine le nectar lorsqu’il en trouve, notamment celui des Grevillea sp.

Lire aussi : Qui a vu le loriot ? Daniel Auclair raconte les coulisses de son nouveau film

Fréquente-t-il d’autres espèces de loriots ?

Son aire de répartition chevauche ­principalement celle de deux espèces cousines d’Afrique australe : le loriot masqué (Oriolus larvatus) et le loriot doré d’Afrique (Oriolus auratus). Le loriot d’Europe présente cependant la plus grande aire de répartition et la plus grande tolérance à différents habitats, occupant même les forêts claires semi-arides de Vachellia, largement délaissées par les deux autres espèces. On ignore si les espèces s’évitent ou si leurs préférences diffèrent.

Couverture de La Salamandre n°293

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 293  Avril - Mai 2026, article initialement paru sous le titre "L’envers du décor"
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